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Cameroun : Chasse à l’électeur fantôme ouverte jusqu’au 10 septembre

C’est l’événement le plus palpitant de la rentrée, un thriller administratif où vous êtes à la fois le détective et le suspect : Elecam, l’organisme qui organise les élections (enfin, qui imprime les cartes), a officiellement ouvert sa grande chasse aux coquilles. Les listes électorales provisoires sont affichées ! Courez, brave peuple, avant le 10 septembre, vérifiez que votre nom n’a pas été échangé contre celui d’un cousin décédé en 1997 ou d’un chien errant répondant au doux nom de Médor.

Le principe est simple, mais diablement amusant. Rendez-vous dans l’antenne Elecam la plus proche, munissez-vous de votre patience légendaire et plongez-vous dans des registres qui n’ont parfois rien à envier aux parchemins médiévaux. Le but du jeu ? Retrouver votre identité parmi des homonymes, des doublons et des fautes d’orthographe si créatives qu’elles pourraient être exposées dans une galerie d’art contemporain.

« C’est une chance inouïe offerte au citoyen, » nous confie un agent sous couvert d’anonymat, entre deux parties de domino. « Où ailleurs dans le monde peut-on avoir la preuve tangible que l’on existe encore aux yeux de l’administration ? C’est presque émouvant. Enfin, si vous arrivez à trouver votre nom. »

Et pour les plus chanceux, ceux qui découvriront que leurs données sont (miracle !) correctes, une récompense de taille les attend : ils peuvent enfin retirer leur sésame, la fameuse carte électorale. Ce petit bout de papier plastifié, plus précieux qu’un billet de concert, vous ouvrira les portes de l’apothéose démocratique le 12 octobre prochain. À cette date, vous aurez le privilège de glisser dans l’urne un bulletin qui, c’est bien connu, fera trembler les fondations du palais.

Alors ne tardez plus ! Participez à cette grande loterie nationale où le seul jackpot est le droit d’accomplir votre devoir civique. Mais dépêchez-vous : après le 10 septembre, si vous découvrez que vous avez été radié au profit d’un baobab centenaire, il sera trop tard. La machine démocratique, huilée comme jamais, sera déjà en marche. Et elle n’aime pas qu’on la dérange.

 

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