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Gabon : Kelly Ondo Obiang et ses frères d’armes enfin libres

Incarcérés depuis leur tentative de prise de pouvoir en janvier 2019, le lieutenant Kelly Ondo Obiang et ses frères d'armes ont recouvré la liberté ce samedi. Lors de cette sortie de prison, l'homme désormais présenté comme la figure centrale du putsch avorté contre Ali Bongo a rendu un hommage appuyé à ses hommes et exprimé sa "profonde gratitude" au président Brice Clothaire Oligui Nguema.

C’est une libération qui marque un tournant dans l’histoire politique récente du Gabon. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, figure centrale de la tentative de coup d’État du 7 janvier 2019 contre Ali Bongo Ondimba, a été libéré ce samedi de la prison centrale de Libreville avec lui ses frères d’armes 

Ses premiers mots à sa sortie ont été pour ses compagnons d’armes, tombés lors de l’assaut de la maison de la Radio. « J’aimerais rendre un vivant hommage à mes hommes qui ont payé du sacrifice suprême notre engagement pour la défense des intérêts supérieurs de la Nation », a-t-il déclaré, empreint d’émotion.
 
Une gratitude envers le nouveau pouvoir
 
Mais le plus surprenant dans son discours est la reconnaissance sans équivoque qu’il a témoignée envers les autorités issues du putsch récent du 30 août 2023. Il a  voué une « profonde gratitude » au président Brice Clothaire Oligui Nguema, le décrivant, ainsi que son équipe, comme des « instruments de Dieu » ayant permis ce « jour de justification ».
 
Les « anges gardiens » de la prison
 
Kelly Ondo Obiang a également tenu à saluer le comportement du personnel pénitentiaire, qu’il a affectueusement surnommés les « anges gardiens » de la centrale de Libreville. « Ils n’ont ménagé aucun effort afin de sauvegarder mon intégrité physique et morale », a-t-il assuré, évoquant des conditions de détention correctes malgré une peine initiale à perpétuité, plus tard réduite à 15 ans de prison.
 
La « justice divine » contre la « justice humaine »
 
Enfin, le lieutenant libéré a placé sa libération sous le signe de la providence, opposant la justice des hommes à celle de Dieu. « Je rends gloire à l’Éternel des armées », a-t-il lancé, estimant que la voix du peuple avait finalement prévalu « grâce à l’intervention divine ».
 
Rappel des faits
 
Le 7 janvier 2019, au petit matin, le lieutenant Kelly Ondo Obiang et un groupe de militaires prenaient d’assaut la maison de la radio. Alors que le président Ali Bongo était en convalescence après un AVC, le lieutenant avait annoncé à l’antenne la « mise en place d’un Conseil national de la restauration » pour diriger le pays.
 
L’armée régulière, restée loyale au pouvoir, était intervenue avec une extrême violence. Les forces loyalistes avaient mitraillé le bâtiment depuis un hélicoptère, matant la rébellion dans le sang. Cet épisode traumatisant reste gravé dans la mémoire collective gabonaise. Sa libération, orchestrée par le nouveau régime, semble acter la réhabilitation de cette figure de la contestation du pouvoir déchu .

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