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Guinée : Simandou, le géant de fer se réveille enfin

C’est un jour historique qui s’annonce pour la Guinée. Ce mardi, le pays lance officiellement l’exploitation du mégaprojet Simandou, l’un des plus grands gisements de fer inexploités au monde. Pour marquer l’événement, le gouvernement a décrété jour férié national, un symbole fort de l’importance de ce projet pour l’avenir économique du pays.
La capitale Conakry vibre au rythme de ce lancement, accueillant pour l’occasion plusieurs dirigeants africains et internationaux, dont le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma et le vice-Premier ministre chinois, témoignant du poids géostratégique de Simandou.
La cérémonie officielle, qui se tiendra à Moribaya, dans la préfecture de Forécariah, sera couronnée par le départ du tout premier navire chargé du minerai de fer de Simandou. Cette image forte fait écho à une autre séquence, tout aussi symbolique, survenue le dimanche 2 novembre : la réception solennelle des premiers navires minéraliers, Köma et Sanfina, au tout nouveau port de Morebaya.
Cet instant, présidé par le ministre Directeur de cabinet de la Présidence, Djiba Diakité, scelle l’aboutissement d’une logistique herculéenne, avec la construction d’un chemin de fer de 650 km traversant le pays pour relier la mine à la côte. Une infrastructure qui contraste avec les défis logistiques et les ombres du passé.
Alors que les partenaires du projet (Rio Tinto/Simfer, Winning Consortium Simandou et Baowu Resources) saluent une coopération fructueuse, le lancement de Simandou est présenté par les autorités comme une rupture. Il s’agit ni plus ni moins de tourner une page délicate de l’histoire minière du pays, marquée par des contentieux et des opacités.
Le projet, d’une valeur de 20 milliards de dollars, est bien plus qu’une simple mine. Pour le ministre Faya François Bourouno, il incarne « une nouvelle ère d’ambition, de partenariat et de transformation économique ». Dans un secteur où la confiance des investisseurs et la transparence sont primordiales, la Guinée semble déterminée à montrer qu’elle a tiré les leçons des expériences passées, notamment celles ayant entaché la filière des autres minerais.
La promesse d’un avenir transformé
L’ambition affichée est à la mesure du gisement : faire de la Guinée un acteur majeur sur le marché mondial du fer, diversifier une économie encore très dépendante des ressources extractives et créer des milliers d’emplois. Simandou 2040 n’est pas qu’un projet minier ; c’est un projet de société, conçu pour ancrer durablement la valeur des richesses nationales dans le sol guinéen et tracer une voie nouvelle, fondée sur la rigueur et la vision à long terme.
Le premier départ de minerai de Simandou vers le port de Morebaya est donc bien plus qu’une opération commerciale. C’est le signal fort d’une Guinée qui entend désormais jouer dans la cour des grands, en misant sur la transparence et des infrastructures intégrées pour garantir que la richesse générée profite pleinement à son développement.



