EnvironnementFlashInternational

Le Gabon lance « Gabon Infini », un plan ambitieux pour préserver son poumon vert

Le pays s’engage avec des partenaires internationaux dans un accord de financement climatique historique visant à protéger 34 000 km² de forêt tropicale, un trésor de biodiversité.

C’est une avancée majeure pour la protection des forêts du bassin du Congo. Ce mardi, le Gabon, en partenariat avec une coalition de bailleurs de fonds dont le Fonds pour l’Environnement Mondial et le Bezos Earth Fund, a officialisé un accord novateur pour préserver 34 000 km² de ses forêts tropicales. Baptisé « Gabon Infini », ce plan mobilise 180 millions de dollars sur dix ans, dont 94 millions apportés par les donateurs.
 
Un modèle qui a fait ses preuves
 
L’initiative s’appuie sur le mécanisme « Project Finance for Permanence » (PFP), qui conditionne le déblocage des fonds à la mise en œuvre de réformes politiques concrètes par le gouvernement. Une approche gagnante qui séduit de plus en plus : alors que le Brésil a annoncé lundi un partenariat similaire pour l’Amazonie, le Kenya et la Namibie finalisent également des accords sur ce modèle.
 
Un sanctuaire de biodiversité
 
L’enjeu est de taille. Le Gabon, recouvert à près de 90% par la forêt tropicale, est un pilier écologique du continent. Il abrite plus de la moitié des éléphants de forêt d’Afrique et un quart des derniers gorilles de plaine occidentaux. « Près de 90% du territoire gabonais est couvert de forêts intactes. C’est un bastion écologique unique », souligne Ryan Demmy Bidwell, de l’ONG The Nature Conservancy, partenaire du projet.
 
Objectif : doubler les aires protégées
 
« Gabon Infini » a des objectifs clairs : création de nouveaux parcs nationaux, lutte renforcée contre le braconnage et développement de l’écotourisme. Le projet permettra de porter la part des forêts gabonaises sous statut protégé à 30%, contre environ 15% aujourd’hui. « C’est une étape décisive pour notre politique de préservation », a déclaré Maurice Ntossui Allogo, le député qui supervise le plan.
 
Un financement innovant sur fond de vigilance économique
 
Ce nouveau plan s’inscrit dans la continuité d’un « échange dette-nature » finalisé peu avant le coup d’État de 2023. Cependant, la situation financière du pays reste scrutée. Un projet de budget 2026 prévoit un quasi-doublement des dépenses publiques, faisant craindre aux agences de notation une dette pouvant frôler les 90% du PIB.
 
Malgré ce contexte, la communauté internationale salue une initiative essentielle. « Nous espérons que le Gabon servira de modèle pour toute l’Afrique », conclut Ryan Demmy Bidwell. Un espoir et un défi à la mesure de l’immense richesse que renferment les forêts gabonaises.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page