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Erythrée : Une découverte archéologique majeure lève un voile sur les civilisations anciennes de la région d’Adi-Keih

Une découverte archéologique d’importance a été officialisée ce mercredi dans la sous-zone d’Adi-Keih, en Erythrée. Temesgen Hagos, le responsable local de la Culture et des Sports, a annoncé la mise au jour d’un riche ensemble de vestiges antiques et historiques sur le site de Deraa, selon un communiqué rapporté par l’APA.
Un trésor sorti de terre
Contrairement à une découverte dans une grotte isolée, ces artéfacts ont émergé au cœur des zones d’activité humaine moderne, sur des terres agricoles et des chantiers de construction. Le lot d’objets exhumés est particulièrement varié et suggestif :
La présence d’un sceau est extrêmement significative. Elle suggère des activités administratives, commerciales ou de propriété, indiquant l’existence d’une société structurée, peut-être liée à un pouvoir royal ou à un réseau marchand. Ce type de récipient, originaire du monde méditerranéen, est un marqueur classique des échanges à longue distance. Sa découverte en Erythrée renforce l’idée que la région était un carrefour sur les routes commerciales antiques, connectant l’intérieur de l’Afrique aux civilisations de la Mer Rouge et au-delà.
Ces objets de la vie quotidienne nous renseignent sur les artisanats locaux, les habitudes domestiques et le niveau de vie des populations.
L’art rupestre est une fenêtre ouverte sur la spiritualité, la culture et l’environnement des anciens habitants. Les inscriptions, une fois déchiffrées, pourraient révéler la langue, l’identité et les croyances de cette civilisation.
Un patrimoine riche mais vulnérable
Interrogé sur la portée de cette trouvaille, M. Temesgen a souligné que cela confirmait « la densité du patrimoine antique de la région d’Adi-Keih, une zone considérée par les historiens comme le cœur du royaume de D’mt (environ 8e-5e siècle avant notre ère) et un acteur clé ultérieur dans le royaume d’Aksoum ». Cette région est en effet jalonnée de sites pré-axoumites et axoumites encore sous-étudiés.
Face à cette richesse, le responsable a lancé un appel à la vigilance. « Chaque coup de pelle peut détruire une page irremplaçable de notre histoire collective », a-t-il insisté, enjoignant aux promoteurs et aux agriculteurs de signaler dans les plus brefs délais toute découverte aux autorités compétentes pour permettre une excavation scientifique.
Une attente locale pour la préservation
Cette découverte n’est en effet pas un cas isolé, mais elle cristallise une demande croissante des communautés locales. Les habitants, fiers de leur héritage, réclament depuis des années que des campagnes de fouilles systématiques soient menées par des archéologues. Leur objectif est double : sauvegarder de manière professionnelle ces trésors fragiles et permettre leur étude et leur exposition pour les générations futures, potentiellement dans un musée local qui deviendrait un pôle culturel et touristique.
Cette trouvaille à Deraa n’est donc pas qu’une simple annonce ; c’est un rappel poignant que le sol érythréen recèle encore de nombreux secrets sur les grandes civilisations qui ont façonné la Corne de l’Afrique, et un appel à redoubler d’efforts pour les protéger.
Afrik Nouvelles avec l’APA



