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Gabon : Et si on arrosait le béton avec les derniers francs CFA ?

Il s’en passe de belles dans la paisible zone CEMAC ! Alors que tout le monde croyait le Gabon en train de potasser ses tables de multiplication économiques, une révélation du média Africa Intelligence vient de transformer le petit livre de comptes en un véritable thriller financier. Le héros de l’histoire ? La dette gabonaise, qui, tel un adolescent indiscipliné, a franchi sans complexe le seuil des 70% de PIB pour s’épanouir à 80%. Qui a dit que les règles communautaires étaient faites pour être respectées ?
 
La BEAC en mode « compte épargne temps »
 
Le tableau est saisissant : le Gabon, dans un élan de singularité remarquable, est désormais le seul élève de la classe CEMAC à afficher un déficit net en devises. 150 milliards  de FCFA dans le rouge ! Une performance qui a contraint la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) à jouer les équilibristes sur un fil. La couverture des importations est passée de « confortable » à « on croise les doigts pour les cinq prochains mois ». Le minimum syndical de six mois ? Un détail sans doute trop bourgeois.
 
Pour agrémenter le tout, le gouvernement a offert une petite séance de shopping en 2025 avec le rachat d’un « eurobond » à 315 millions de dollars. Une opération qui a fait le même effet sur les réserves de change qu’un trou dans la coque du Titanic. Mais chut, il ne faut pas être négatif.
 
Oyima, le ministre fantôme de Washington
 
Alors que le navire économique prend l’eau, que fait le commandant en chef des finances, le ministre Henri-Claude Oyima ? Il a visiblement estimé que les assemblées du FMI et de la Banque mondiale à Washington étaient une option culturelle moins prioritaire qu’un bon film en streaming à Libreville. Son absence a provoqué un léger agacement chez ses collègues de la CEMAC, qui, eux, semblaient croire que la crise était un sujet qui méritait peut-être d’être discuté. Un geste d’une sérénité soit bouddhiste, soit alarmant.
 
La stratégie du « béton magique »
 
Face à la tempête, la réponse gabonaise est d’une simplicité biblique : s’il n’y a plus de pain, qu’on mange du béton ! Le budget 2026, en hausse vertigineuse de 72%, atteint la somme magique de 7 233 milliards de FCFA. L’objectif ? Financer des cathédrales de routes et de ponts qui, on le sait tous, poussent naturellement sur l’arbre à recettes fiscales.
 
Le gouvernement, visionnaire, parie sur une hausse miraculeuse des revenus miniers et l’afflux de prêts concessionnels. C’est une stratégie audacieuse : quand la confiance internationale s’érode et que les réserves s’effondrent, il n’y a rien de tel qu’un bon gros chantier pour redonner le moral. Après tout, un hôpital sans médicaments est triste, mais un pont qui mène vers une falaise financière, ça, c’est un projet d’avenir !
 
Bilie-By-Nze lance un duel sur X
 
La polémique a trouvé son duelliste en la personne d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Sur la place publique numérique X, il a lancé un défi au gouvernement : « Qu’il vienne donc contredire publiquement ces informations ! » Un appel à la joute verbale qui a mis en lumière la question que tout le monde se pose : le Gabon est-il en train de bâtir le futur Dubaï de l’Afrique centrale ou de préparer le plus spectaculaire château de sable de l’histoire économique ?
 
La suite au prochain épisode. Le FMI, jouant les trouble-fêtes, envisagerait de couper les vivres à des pays voisins comme le Tchad ou la Centrafrique. Parfois, il faut savoir être égoïste pour réussir, mais là, c’est toute la région qui pourrait se retrouver à danser sur le même volcan.

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