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Gabon : « Opération moustiquaire » – Le grand nettoyage à la policière est imminent

C’est une véritable tornade en uniforme qui s’apprête à s’abattre sur le Gabon. Une note interne, si secrète qu’elle en devient presque publique, dévoile le plan magistral du Général Serge Hervé Ngoma pour redonner au pays un éclat immaculé. Nom de code : « Opération moustiquaire ». Objectif : chasser les moustiques, les cafards, et autres insectes sociaux indésirables. En langage administratif, on parle pudiquement de « lutte contre l’immigration clandestine, le banditisme et la drogue ».
 
Le quadrillage poétique
Imaginez : plus de 2 280 policiers, des unités d’élite aux acronymes aussi sexy que BRI, BAC et GAS, se déployant comme une armée de fourmis zélées sur le territoire. Leur mission ? Transformer le Gabon en un immense jeu d’échecs où chaque pièce déplacée est un « élément indésirable » potentiel. Le Grand Libreville, épicentre de toutes les turbulences, va devenir le plateau de jeu principal. Le Poste de Commandement Unique, cerveau suprême de l’opération, coordonnera ce ballet sécuritaire avec la précision d’un metteur en scène cinématographique .
 
La fiche, reine du fichier
Pas d’opération qui se respecte sans paperasse ! Chaque personne interpellée aura droit à son instant de gloire : une fiche nominative soigneusement remplie. Nom, âge, nationalité, motif de l’arrestation… De quoi constituer un annuaire des « gens à ne pas inviter à la prochaine garden-party présidentielle ». C’est la traçabilité humaine dans toute sa splendeur bureaucratique.
 
Les consignes sont, elles aussi, un régal 
 
Interdiction formelle de filmer avec un téléphone portable. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Seules les caméras officielles, qui captureront les angles les plus flatteurs pour le communiqué de presse, sont autorisées. La transparence, oui, mais une transparence bien cadrée.
 
Usage de la force « en cas de nécessité absolue ». Une notion philosophique des plus souples, laissée à l’appréciation du policier sur le terrain. Comme un chef étoilé qui ajuste l’assaisonnement, il saura doser la « persuasion » nécessaire.
 
Le grand spectacle de l’ordre
 
Sur le fond, l’opération pose une question existentielle : comment rendre un pays parfaitement stérile ? La réponse semble être : en déployant une force suffisamment impressionnante pour que le désordre n’ose même plus se montrer. C’est la stratégie du rouleau compresseur contre le moustique.
 
Cette « reprise en main » spectaculaire a le mérite de la clarté : elle promet un coup de balai radical. Reste à savoir qui définit la poussière, où l’on va jeter le tas, et si, dans l’élan, on n’a pas balayé quelques libertés fondamentales avec. Mais chut ! Ne soyons pas rabat-joie. En matière de sécurité, il paraît que le plus important est de donner l’impression que tout est sous contrôle. Et pour cela, « Opération moustiquaire » semble être un casting parfait.

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