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Guinée-Bissau : un scrutin présidentiel si calme qu’on en oublierait presque les résultats… officiels

La Cédéao, toujours en quête de bonnes nouvelles dans un espace ouest-africain en proie aux coups d’État, a trouvé son havre de paix : Bissau. Sa Mission d’Observation Électorale, dirigée par l’Ambassadeur Issufu Baba Braimah Kamara, a observé un scrutin « calme, ordonné et transparent ». Si calme, en effet, que certains candidats ont déjà pris les devants pour annoncer leur victoire, histoire de ne pas laisser la tranquillité ambiante gâcher la fête.
Au milieu de cette sérénité électorale, Fernando Dias da Costa, candidat indépendant soutenu par le PRS et la Coalition Terra-anka, a déjà sauté le pas. Sans attendre les formalités des résultats officiels, il s’est autoproclamé vainqueur dès le premier tour. Selon lui, tout le monde a voté pour lui… ou presque. Seule la région de Gabú aurait résisté à son charme. Mais qui a besoin de l’unanimité quand on a le soutien de Domingos Simões Pereira et qu’on salue une participation massive, tout en rappelant que, bien sûr, tout s’est passé sous le regard vigilant du ministère public ?
Pendant ce temps, la Commission Nationale Électorale (CNE), représentée par son secrétaire exécutif adjoint Idriça Djaló, se félicite du déroulement paisible du scrutin. Quelques petits soucis logistiques ? Rien de grave, juste de quoi justifier leur présence. Et puis, l’esprit de cordialité entre les candidats a été préservé. On se croirait presque dans un concours de courtoisie, où l’on s’affronte avec des sourires et des poignées de main.
Cerise sur le gâteau : la forte participation des femmes et des jeunes est présentée comme un signe d’appropriation des droits politiques. Une belle avancée, certes, mais qui n’empêche pas les pronostics précoces et les annonces prématurées.
La CNE, gardienne de la légalité, rappelle sagement que la publication des résultats avant sa proclamation officielle est interdite. Mais à quoi bon attendre le 27 novembre quand on peut déjà célébrer sa victoire ? Le président sortant Umaro Sissoco Embaló, lui, observe probablement la scène avec un sourcil levé, face à cette avalanche de onze candidats, dont un ancien président, un ancien Premier ministre, et un certain Fernando Dias da Costa, déjà vainqueur dans sa tête.
En somme, tout est si calme à Bissau que l’on pourrait presque croire que l’élection s’est déjà jouée… sauf dans les urnes.



