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Sommet UE-Afrique à Luanda : L’Europe en terre (très) convoitée

Luanda, capitale de l’Angola, vit deux jours de romance diplomatique intense. Au programme : les retrouvailles annuelles entre l’Union européenne, le partenaire historique un peu paniqué, et l’Afrique, le continent qui n’a jamais été aussi courtisé.
Les dirigeants européens et africains se sont retrouvés ce lundi pour le 7ème round du Sommet UE-Afrique. L’objectif officiel ? « Renforcer les liens économiques et politiques ». La réalité ? Une course contre la montre pour l’Europe, qui voit ses parts de marché et son influence lui filer entre les doigts, siphonnées par la Chine et son carnet de chèques et par la Russie, qui joue les gros bras en matière de sécurité.
« Chéri, on doit parler » : le grand jeu des négociations

Au menu des discussions, les classiques : commerce, migrations et accès aux matières premières. L’UE tient à rappeler qu’elle reste le premier partenaire commercial de l’Afrique, avec des échanges à 538 milliards de dollars. Une façon de souffler à l’oreille de son partenaire : « Souviens-toi de tout ce que nous avons vécu ensemble », tandis que Pékin, depuis sa table au fond de la salle, fait cliqueter ses clefs de portefeuille bien garnies.
Ce sommet est en réalité le grand bal des puissances anxieuses. Après le G20 en Afrique du Sud, où l’absence américaine a fait tousser, l’Afrique savoure (discrètement) son nouveau rôle de terrain de jeu stratégique. Ses ressources, son énergie et son vote à l’ONU sont l’objet de toutes les convoitises. On se l’arrache, et ça, ça change la donne.
Ukraine : le dîner de famille qui s’invite en rendez-vous galant
Mais comme dans tout bon couple, il y a les problèmes externes qui viennent gâcher la soirée. En marge des discours sur la coopération, les dirigeants européens se réunissent en urgence pour parler de l’Ukraine. Apparemment, le dernier plan de paix américain leur semble un peu trop favorable à Moscou. Traduction : « On ne peut pas laisser les Américains faire n’importe quoi, il faut qu’on mette notre grain de sel ! »
Le président du Conseil européen, António Costa, a donc organisé une réunion surprise. 15 leaders en chair et en os, les autres en visio – la diplomatie 2.0, où l’on peut gérer une crise géopolitique tout en sirotant un café entre deux poignées de main protocolaires.
L’Europe est à Luanda pour reconquérir un partenaire qui a le vent en poupe, tout en essayant de gérer une crise ukrainienne dans les coulisses. Un numéro d’équilibriste des plus périlleux, où le destin des deux continents se joue entre un sourire forcé et une réunion en visioconférence.



