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Gabon: le Jardin de Football à Libreville ou le lieu ,l’on ne cultive pas que des dribbles
Le « Jardin de Football du Gabon », fondé par l’ancien international Parfait Ndong, forme gratuitement plus de 250 jeunes. Ici, on ne mise pas seulement sur le ballon rond, mais sur l’excellence scolaire et humaine. Une philosophie exigeante qui redéfinit le modèle de formation au Gabon.

Dans l’effervescence des quartiers populaires de la capitale gabonaise, une pépinière pas comme les autres s’active. Au Jardin de Football du Gabon (JFG), fondé par l’ancien défenseur des Panthères Parfait Ndong, on ne se contente pas de polir des gestes techniques : on façonne des hommes. Ici, la règle est immuable : pas de compétition sans bulletin scolaire irréprochable. Une exigence qui tranche avec le système éducatif sportif local, souvent laxiste.
« La formation ici est parfaite », affirme Alain Aimé Boundzanga, père d’un pensionnaire. « Le formateur veille à ce que les enfants soient studieux à l’école. Il nous rappelle notre rôle : faire de la corrélation études-football une réalité. » Un credo qui semble porter ses fruits.


L’école de la vie avant le terrain
Modeste Juste Mofou, 16 ans, incarne cette philosophie. Arrivé à 4 ans, il a grandi entre les cages et les salles de classe. « Au départ, je venais juste me former en tant qu’homme. Aujourd’hui, je vise le professionnalisme », confie-t-il. Son parcours symbolise l’ambition du JFG : forger des individus avant des carrières.
Derrière ce projet, un homme : Parfait Ndong. Ancien international gabonais passé par les terrains suisses, il a mûri son concept après des expériences en Europe et au Bénin. Aujourd’hui, il rend au pays ce que le football lui a donné. Avec une vision sans compromis.
« Ici, l’objectif est d’abord de former les hommes », assène-t-il. « On commence par les règles de bienséance en société. » Le suivi scolaire est la clé de voûte du dispositif. Une moyenne de 13/20 est exigée chaque trimestre. En dessous ? L’enfant s’entraîne, mais ne joue pas en compétition. Une sanction pédagogique qui, selon Ndong, a déjà permis au JFG de « produire de bons joueurs » pour son club partenaire, l’USM Ombilazami.
Un laboratoire social face aux carences de l’État


Conscient du manque criant de structures pour les jeunes, Ndong a pris les devants. Il organise des championnats pour les U9, U10 et U12, des compétitions précoces et ludiques, mais essentielles pour préparer psychologiquement les enfants à une formation de haut niveau – qui commence souvent trop tard au Gabon.
Face aux obstacles structurels, la détermination de l’ancien défenseur de Pétro-Sport agit comme un catalyseur. Le Jardin de Football du Gabon n’est pas une simple école de sport : c’est un laboratoire social où l’épanouissement des jeunes passe par un subtil équilibre entre le ballon et les livres.
Dans ce modeste centre, on cultive avec patience et rigueur les champions de demain. Et, surtout, les citoyens d’après-demain.



