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À la découverte de Kongou, le cœur battant du Gabon vu du ciel

Aux confins du parc national de l’Ivindo, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se déploie un phénomène naturel qui semble battre au rythme de la planète elle-même : les chutes de Kongou. D’une puissance telle qu’elles sont comptées parmi les cascades les plus puissantes du monde, elles constituent le joyau d’une nature restée à l’état sauvage.

Des dimensions à couper le souffle : Avec une largeur allant jusqu’à 3,2 kilomètres et des chutes atteignant 56 mètres de haut, Kongou est une frontière liquide au sein de la forêt. Les eaux de l’Ivindo s’y écrasent avec un débit moyen de 900 mètres cubes par seconde, un grondement permanent qui peut être entendu bien avant que le spectacle n’apparaisse.
Une cathédrale naturelle à plusieurs étages : Le site se compose en réalité de trois niveaux successifs de chutes, séparés par quelques centaines de mètres et formant un dénivelé total d’environ 80 mètres. Cette architecture naturelle unique offre une variété de perspectives, des murs d’eau massifs aux étroits canyons sculptés dans la roche.
Un sanctuaire de biodiversité


La majesté des chutes n’est que la partie émergée d’un écosystème d’une richesse inouïe. Le parc national de l’Ivindo, qui protège le site, est le refuge d’une vie sauvage extraordinaire :Éléphants de forêt, gorilles des plaines
de l’Ouest, chimpanzés, buffles de forêt, léopards, et plus de 430 espèces d’oiseaux.Les conditions particulières créées par les embruns des chutes permettent à des plantes aquatiques rares de la famille des Podostemaceae de prospérer, un trésor pour les botanistes.
L’expérience : entre survol et immersion
Pour découvrir Kongou, les voyageurs ont le choix entre deux approches radicalement différentes mais complémentaires.
À l’assaut du ciel
Pour ceux qui rêvent d’une vue d’ensemble spectaculaire et exclusive, le survol en hélicoptère est une option. Des agences spécialisées proposent des safaris aériens incluant la découverte des chutes de Kongou. Cette perspective vertigineuse permet de saisir l’immense échelle du site et son intégration dans l’océan vert infini de la forêt du bassin du Congo. Un moment inoubliable où l’on touche du regard l’inaccessible.
L’aventure au fil de l’eau
Pour une connexion intime avec la forêt,l’approche traditionnelle par pirogue reste l’expérience la plus authentique. Le départ s’effectue généralement depuis le village de Loa Loa, à quelques kilomètres de Makokou. Durant 2 à 3 heures de navigation sur l’Ivindo, la forêt dense et ses habitants se dévoilent : des primates dans les arbres, des éléphants sur les berges, et parfois même des hippopotames. Cette remontée du fleuve est une aventure en soi, menant au campement de base situé à environ 2 heures de marche des chutes.
Une immersion dans la forêt primaire
Séjourner près des chutes est un retour à l’essentiel. Le Kongou Forest Camp propose une immersion totale dans la nature. Les hébergements sont des cabanes traditionnelles en bois, sans électricité ni eau chaude, éclairées le soir par des lampes à pétrole. La douche se prend dans les eaux rafraîchissantes de l’Ivindo, et les repas sont préparés sur un feu de camp. Un séjour qui invite à ralentir et à se reconnecter aux cycles naturels.
Un patrimoine préservé de justesse
La découverte de Kongou prend une dimension particulière lorsqu’on sait que ce trésor a failli disparaître. Au milieu des années 2000, un projet de barrage hydroélectrique menaçait d’inonder une grande partie du site. Grâce à une forte mobilisation des communautés locales et des défenseurs de l’environnement, le projet a finalement été arrêté. Visiter Kongou aujourd’hui, c’est donc aussi célébrer la victoire d’un patrimoine naturel unique sur des logiques purement économiques.
Survoler les chutes de Kongou n’est pas qu’une simple excursion ; c’est une expérience qui marque l’esprit. Que l’on approche ce géant par les airs ou par le fleuve, on ressort de cette rencontre avec un sentiment d’humilité face à la force créatrice de la nature. Dans le grondement perpétuel de ses eaux, Kongou raconte une histoire bien plus ancienne que la nôtre, celle d’un Gabon sauvage et préservé, battant au rythme du cœur de l’Afrique.



