FlashInternationalSport

CAN 2025 : « Le Maroc est le favori naturel… et nous, le dérangement naturel », annonce le Cameroun

À la veille d’un quart de finale qui s’annonce « explosif » – c’est-à-dire potentiellement à 0-0 jusqu’à la 89ᵉ minute avant un but sur un corner mal défendu –, l’atmosphère est à la courtoisie martiale. D’un côté, le Maroc, porteur du statut officiel de « favori naturel », titre honorifique qui vient avec la pression du pays hôte, une génération dorée, et l’obligation de bien jouer tout en gagnant. De l’autre, le Cameroun, invaincu mais discret, qui entre dans l’arène avec l’énergie du contradicteur qui a lu tous les pronostics… et les a jetés au panier.
Le sélectionneur camerounais David Pagou, dans un élan de réalisme diplomatique, a ouvert les hostilités verbales en déclarant : « Le Maroc est le favori naturel. » Sous-entendu : « Nous, nous sommes la surprise surnaturelle. » Il fonde son espoir sur une arme secrète : « le courage camerounais », une force mystique capable, dit-il, de « renverser des montagnes ». On attend de voir si cela inclut aussi le mont Atlas.
 
Face à lui, Walid Regragui, patron des Lions de l’Atlas, cultive la posture du grand frère respectueux mais ferme. Il salue « une grande nation qui a porté l’Afrique », un hommage aussi élégant qu’un rappel subtil : « C’était avant, maintenant c’est à notre tour. » Son discours est un mélange de déférence historique et de confiance absolue dans son milieu de terrain, présenté comme une assemblée de génies tactiques prêts à « donner le tempo ». En d’autres termes  : espérons qu’ils récupèrent le ballon avant les costauds camerounais.
Le match est présenté comme un « choc continental », un « test entre poids lourds », ce qui, dans le langage footballistique courant, signifie souvent un match très serré, potentiellement décidé par un penalty litigieux ou une erreur défensive sous la pluie de Rabat. Regragui appelle le public à soutenir, Pagou invoque le courage ancestral. L’un a la pression de tout un pays et d’une ambition continentale affirmée, l’autre la liberté dangereuse de celui qui n’a, officiellement, rien à perdre… si ce d’une place en demi-finale.
 
À 20 heures, ce vendredi, au Stade Prince Moulay Abdellah, deux récits s’affronteront donc : celui du favori qui doit prouver qu’il l’est, et celui de l’invité surprise qui compte bien rappeler que dans le football, surtout africain, le statut de favori est souvent le costume le plus inconfortable à porter. Le « bon visage du football africain » promis par Regragui pourrait bien avoir, pour une fois, une expression camerounaise. À moins que les montagnes ne soient, finalement, trop hautes à renverser.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page