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L’AES étrille Washington : L’Oncle Sam fait son Cow-Boy à Caracas, le Sahel rappelle à l’ordre

Alors que Washington vient de livrer au monde un remake musclé de ses heures les moins glorieuses, la Confédération des États du Sahel (AES) a décidé de ne pas tourner autour du puits de pétrole. Dans un communiqué cinglant rendu public jeudi, le bloc sahélien, mené d’une main de fer par le Capitaine Ibrahim Traoré, a condamné sans ambages l’« opération commando » américaine au Venezuela, la qualifiant ni plus ni moins d’« acte d’agression » et d’« enlèvement illégal » digne des plus mauvais polars géopolitiques.
 
Le message, adressé directement au Conseil de sécurité de l’ONU, est une gifle diplomatique par papier interposé : l’AES somme le Conseil « d’assumer sa mission » et de condamner clairement cette intervention qui, menée par l’un de ses membres permanents, « fragilise l’ordre international ». Traduction pour les étourdis : quand le gendarme autoproclamé du monde piétine allègrement la Charte des Nations Unies, cela envoie un signal plutôt… désordonné.
 
« L’emploi de la force armée contre la souveraineté d’un État constitue un acte d’agression », rappelle l’AES avec une insistance qui sent le cours de droit international revisité pour grandes puissances distraites. Et de surenchérir, non sans une pointe d’ironie mordante : l’organisation « regrette profondément cette violation du droit international par un membre permanent du Conseil de sécurité ». On imagine, entre les lignes, un haussement d’épaule navré : « Quand c’est nous, les petits États, on nous sermonne. Mais quand c’est l’Oncle Sam qui joue aux cow-boys à Caracas, soudain, le droit international prend des vacances ? »
 
L’opération, survenue le 3 janvier, a fait 55 morts et s’est accompagnée d’une annonce aussi subtile qu’un bulldozer : le président américain Donald Trump a fait savoir que 30 à 50 millions de barils de pétrole vénézuélien seraient gentiment « transférés » vers les États-Unis, les revenus tombant sous contrôle de Washington. Un hasard sans doute. De quoi faire sourire (jaune) les observateurs : la guerre du pétrole a rarement été aussi littérale.
 
Solidarités à géométrie variable
 
Sur le continent africain, l’AES rejoint un chœur de désapprobation déjà bien entamé. Le Ghana a parlé d’« invasion unilatérale » et d’« ambitions coloniales ». Le Tchad a rappelé son « ferme attachement au respect du droit international » – une manière élégante de dire « on a bien noté le double standard ». L’Afrique du Sud et l’Union africaine ont, quant à elles, exprimé une « grave préoccupation ».
 
Face à cette tempête, Delcy Rodríguez, propulsée présidente par intérim dans des conditions encore nébuleuses, a lancé un avertissement sans détour : « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre. Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela. » Un plaidoyer pour la souveraineté nationale qui résonne particulièrement fort à Ouagadougou, Bamako et Niamey.
 
Le Sahel, nouvelle conscience géopolitique de l’Afrique ?
 
Avec cette prise de position ferme et détaillée – exigeant du Conseil de sécurité une condamnation claire, le rétablissement de la légalité internationale et une réaffirmation du respect entre États –, l’AES s’érige en voix autonome et influente. Elle rappelle, sans complexe, que la crise vénézuélienne est un « test pour l’ordre international ».
 
Et pour montrer qu’elle ne se contente pas de mots, l’AES a récemment appliqué le principe de réciprocité aux restrictions américaines sur les visas pour ses citoyens. Un petit coup de semonce qui signifie : « Ici, on ne baisse plus la tête. On parle, on dénonce, et au besoin, on rend la pareille. »
 
Dans un monde où la realpolitik prend souvent le pas sur le droit, le Sahel envoie un message limpide : l’époque du « faites ce que je dis, pas ce que je fais » est révolue. Et il compte bien le rappeler, communiqué après communiqué, à qui voudra l’entendre. Même – et surtout – si cela doit déranger dans les capitales habituées à ne rendre de comptes à personne.

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