FlashSociété

Piraterie au Gabon : neuf otages et un chalutier sauvé, le Golfe de Guinée toujours en eaux troubles

Trois hommes armés, neuf marins enlevés, une réponse militaire rapide : une nouvelle attaque de pirates a secoué les eaux gabonaises dans la nuit du 10 au 11 janvier, rappelant avec fracas que le Golfe de Guinée reste un terrain de jeu pour les prédateurs maritimes.

Le chalutier IB Fish 7, battant pavillon gabonais, menait une activité de pêche paisible au large d’Équata lorsqu’il a été pris d’assaut vers 2 heures du matin. Le butin des pirates ? Neuf membres d’équipage – cinq Chinois et quatre Indonésiens – embarqués de force. Six autres marins, miraculeusement épargnés (Indonésiens, Chinois et un Burkinabé), ont assisté, impuissants, à la scène.
Face à l’urgence, la réaction des autorités gabonaises fut aussi rapide que médiatiquement bien rodée. La Marine nationale, soutenue par la gendarmerie maritime, a déployé son dispositif, localisé le navire et escorté le chalutier vide de ses précieux marins jusqu’au port d’Owendo à Libreville. Une opération présentée comme un succès… si l’on oublie les neuf vies toujours entre les mains des ravisseurs.
 
Dans un communiqué soigneusement calibré, le vice-amiral Bekale Meyong, parlant au nom de la ministre d’État à la Défense, a assuré que « la situation est suivie au plus haut niveau de l’État » et que « toutes les dispositions nécessaires sont prises ». Un langage protocolaire qui contraste singulièrement avec la brutalité du kidnapping. Le parquet de Libreville a, quant à lui, ouvert une enquête, un classique de la procédure qui, dans cette région, peine souvent à déboucher sur des résolutions tangibles.
 
Troisième attaque en moins de cinq ans dans la zone, ce nouvel épisode souligne cruellement la persistance de la menace. Après les incidents de mai 2020 et de février 2025 (qui avait vu des marins sénégalais et gabonais kidnappés), le Golfe de Guinée confirme son statut peu enviable de zone à haut risque, malgré les promesses répétées de renforcement de la sécurité maritime.
 
Le ton est donné : la piraterie est un business prospère, les communiqués officiels se succèdent, les escortes militaires fonctionnent… mais les otages, eux, attendent toujours. Une sécurité maritime « garantie » ? À voir. En attendant, les chalutiers continuent de naviguer en territoire de prédation, et les marins, eux, paient le prix fort de cette dangereuse routine.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page