FlashInternationalSport
CAN 2025 : Les Lions, la Coupe et la foule qui aurait attendu jusqu’à l’aube
De retour avec leur deuxième étoile, les héros sénégalais ont découvert que leur peuple avait une capacité d’attente inversement proportionnelle à leur ponctualité aérienne.

Ils l’ont fait. Et elle, Awa, elle l’a fait aussi : tenir 10 heures debout pour apercevoir un bus pendant trois secondes. Retour sur une nuit dakaroise où la folie douce a vaincu le sommeil, la logistique et peut-être même le bon sens.
Dakar, ce 19 Janvier 2026 – Minuit pile à l’aéroport Blaise Diagne. En théorie, l’heure où tout être normalement constitué rêve de son oreiller. En pratique au Sénégal ce lundi : l’heure où un millier de personnes, vêtues comme des drapeaux humains, décident que le sommeil est un concept de lâche. Objectif : accueillir les Lions de la Teranga et leur sainte relique, la Coupe d’Afrique des Nations, fraîchement gagnée pour la deuxième fois.
Le seul problème ? Les champions, eux, avaient visiblement décidé de fêter ça… dans les airs. Quatre heures de retard. Quatre heures pendant lesquelles la ferveur, elle, n’a pas décroché. Abdou, transformé en walking flag aux couleurs vert-jaune-rouge, résume la doctrine : « On est là depuis 15h. On peut les attendre jusqu’à 4h du matin. Ils ont porté notre drapeau, on porte nos paupières. » Philosophique.
1h du matin : le flash (de bus)


Finalement, à 1h du matin, l’apothéose. Enfin, si on peut appeler « apothéose » le passage fulgurant d’un bus blindé devant une foule hurlante. Temps d’exposition estimé pour chaque fan : le temps de dire « C’est pa… » et c’est déjà fini. Pour Awa, qui a commencé son vigile à 14h, c’était pourtant le bouquet. « Je ne peux même pas exprimer ça ! Je ne comprends même pas ce qui vient de se passer », a-t-elle déclaré, dans un état de grâce post-traumatique qui résume bien l’esprit de la nuit. La logique n’est plus de mise, seule compte la deuxième étoile.
Les feux d’artifice ont donc retenti sur une ville partagée entre ceux qui criaient de joie et ceux qui, à leur fenêtre, criaient probablement pour qu’on les laisse dormir. Trop tard. La nation est en éveil, et elle a des projets.
Déjà le Mondial 2026 ? Pourquoi attendre !
À peine la Coupe posée (sans doute précieusement gardée sous le bras d’un joueur même pour dormir), l’ambition sénégalaise, jamais à court de carburant, passe la surmultipliée. Dans la foule, un groupe de supporters, visiblement pas fatigués par la prospective, a déjà bouclé la suite du programme : « On est prêts pour affronter la France et pour battre tout le monde. Tous les Européens. Nous, on arrive bientôt pour gagner la Coupe du monde ! »
Pourquoi se reposer sur ses lauriers africains quand on peut viser la planète football d’un seul élan ? La confiance est un moteur qui fonctionne même sans sommeil.
Au boulot, les champions !
Pas le temps de savourer une grasse mat’ pour les Lions. Leur emploi du team de héros nationaux est impitoyable : défilé dans les rues de Dakar dès 11h ce matin (prévoir des batteries de secours pour les supporters ayant déjà brûlé les leurs la nuit dernière), avant une réception à la présidence en fin d’après-midi. On imagine le discours : « Félicitations, voici les clés de la ville… et voici votre programme pour défendre votre titre dans 2 ans. Reposez-vous bien. (Enfin, pas trop.) »
Morale de l’histoire : Au Sénégal, quand les Lions gagnent, personne ne perd. Sauf peut-être le concept de nuit tranquille et l’idée qu’une attente de dix heures doit être récompensée par plus de trois secondes de bus flou. Mais qui compte ? Ils ont la coupe, le peuple a sa fierté, et tout le monde a des souvenirs… même si pour certains, ce sera juste un souvenir de phares dans la nuit et d’une voix rauque à force de crier.



