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Le grand jeu des minerais : Washington organise sa chasse aux trésors africains

C’est jour de grande braderie stratégique à Washington. Ce mercredi, l’administration Trump accueille une quarantaine de délégations, dont plusieurs africaines, pour un sommet sur les « minerais critiques ». Traduction : « Comment court-circuiter Pékin et s’accaparer les bons filons avant les autres. » Le secrétaire d’État Marco Rubio, en chef scout géopolitique, mène la danse.
Parmi les invités de marque, le président congolais Félix Tshisekedi, de retour dans la capitale américaine deux mois après y avoir signé des accords… toujours en attente de concrétisation. La République Démocratique du Congo, ce coffre-fort géologique à ciel ouvert (coltan, cobalt, lithium), est évidemment la star du salon. « On a signé un papier, c’est déjà ça », semble souffler dans les couloirs notre correspondante à Kinshasa. Le seul projet tangible ? La vente de la mine Chemaf à une entreprise américaine, après que Kinshasa ait gentiment écarté les investisseurs chinois qui faisaient de l’œil. Priorité à l’allié, on a dit.
 
À ses côtés, la Guinée arrive avec son catalogue : bauxite, fer, et un désir fervent de diversifier sa dépendance. « On était très amis avec la Chine, mais si vous voulez investir, on peut en parler », glisse sans doute Conakry. Même son de cloche du côté du Kenya, qui présente fièrement sa colline de Mrima, un petit bijou de forêt qui cacherait des terres rares valant des dizaines de milliards. De quoi faire briller les yeux de Wall Street et du Pentagone.
 
Après cette foire aux minerais, place au spirituel : le président Tshisekedi enchaîne avec le 79e National Prayer Breakfast, un petit-déjeuner de prière où politiques et dignitaires viennent se recueillir… et peut-être glisser un mot à Dieu sur la bonne santé de leurs contrats miniers. Il sera entouré d’une délégation éclectique venue de Kinshasa, incluant l’opposant Martin Fayulu et des responsables religieux porteurs d’un dialogue national. De la mine à la prière, en passant par la réconciliation, tout un symbole du parcours congolais.
 
Washington recharge ses batteries stratégiques, l’Afrique négocie sa place dans le nouvel ordre des choses, et tout le monde prie pour que les gisements tiennent leurs promesses. Amen.

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