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Diplomatie : Faure Gnassingbé du Togo en visite à Luanda

C’est l’heure des grandes manœuvres, et des valises diplomatiques ! Faure Gnassingbé, propulsé « Médiateur de l’UA pour les Grands Lacs » – un titre qui en jette mais pèse son poids de crises – a atterri ce lundi à Luanda. Objectif : un tête-à-tête musclé avec João Lourenço, le président angolais qui occupe actuellement le fauteuil de la présidence de l’Union africaine. Une visite de  « travail » qui tombe à pic, à quelques jours seulement du prochain sommet continental. Hasard du calendrier ? Bien sûr que non.
 
Selon le communiqué officiel togolais, soigneusement léché, les deux hommes vont « définir de nouvelles perspectives de coopération mutuellement avantageuses ». On refait donc le monde (africain) entre deux cafés, en évoquant la paix, la sécurité, et cette intégration continentale qui avance à la vitesse d’un éléphant tranquille.
La « Dream Team » de la médiation en rodage
La vraie nouveauté, c’est l’architecture de médiation dévoilée il y a trois semaines à Lomé. Imaginez un casting de luxe pour un blockbuster diplomatique : Faure Gnassingbé en réalisateur principal, entouré d’anciens présidents reconvertis en experts thématiques. Olusegun Obasanjo (Nigéria) gère le dossier « guns and military », Sahle-Work Zewde (Éthiopie) s’occupe de l’humanitaire, Uhuru Kenyatta (Kenya) doit causer avec les groupes armés… sans oublier Mokgweetsi Masisi (Botswana) pour l’économie et Catherine Samba-Panza (Centrafrique) pour la société civile. Une sorte de « Justice League » de l’apaisement, mais en costard et avec des dossiers brûlants.
 
Luanda, étape cruciale avant le grand show
 
Cette visite à Luanda est présentée comme « déterminante » pour la gestion de la crise à l’Est de la RDC. Autrement dit, il faut absolument afficher une union sacrée et un plan (ou au moins un communiqué convaincant) avant que tous les chefs d’État ne se retrouvent pour la photo de famille traditionnelle. Le président Lourenço, en bon maître de cérémonie, doit coordonner le tout, tandis que Gnassingbé doit prouver que sa médiation n’est pas qu’une énième structure de plus.
 
Entre les lignes, on devine le ballet habituel : consultations bilatérales, rappels des intérêts nationaux, et la recherche frénétique d’un consensus minimaliste à présenter en grande pompe. Un secrétariat technique ultra-composé (UA, CAE, SADC, CIRGL…) est censé faire le lien, pendant que la Commission de l’UA gère les partenaires internationaux (ONU, UE, Qatar, USA…), ceux qui ont souvent les cordons de la bourse et une influence aussi discrète qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine.
 
Une paix durable ? Le compte à rebours est lancé.
 
L’enjeu est de taille : apporter une réponse cohérente à un conflit qui persiste malgré des décennies d’initiatives. La nouvelle « architecture » a le mérite d’essayer d’être inclusive et organisée. Mais entre la théorie élégante des pôles thématiques et la réalité chaotique du terrain, il y a un fossé que seule une volonté politique réelle pourra combler.
 
En attendant, les présidents Gnassingbé et Lourenço peaufinent leur storytelling et affûtent leurs arguments. La paix dans les Grands Lacs se joue-t-elle dans les salons feutrés de Luanda ? Pas seulement. Mais sans accord en haut lieu, les chances de progrès sont minces. Rendez-vous au sommet pour voir si cette médiation  réussira son premier acte… ou s’ajustera à la longue liste des espoirs déçus.
 
Une chose est sûre : dans le grand théâtre de la diplomatie africaine, tous les acteurs sont en place. Il ne reste plus qu’à écrire la fin.

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