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Éthiopie-Gabon : la « nouvelle route » de la coopération passe par Libreville
Alors que le Gabon accélère sa mue économique, une délégation d’hommes d’affaires éthiopiens a posé ses valises à Libreville. Elle a été reçue hier dimanche par le Président de la République, Chef de l'État, Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le Palais présidentiel de Libreville a été, ce dimanche 15 février 2026, le théâtre d’une rencontre aux allures de partenariat stratégique. Le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une délégation de capitaines d’industrie éthiopiens, spécialisés dans trois secteurs névralgiques de l’économie nationale : le génie civil (routes et bâtiments) et les technologies de pointe appliquées à la santé (traitement des eaux en milieu hospitalier).
Loin des discours de pure forme, cette audience s’inscrit dans le pilier économique de la feuille de route du nouveau Gabon. Le pays cherche à diversifier ses partenariats, l’Éthiopie, nation au développement fulgurant et maître d’œuvre de projets d’infrastructures parmi les plus ambitieux du continent, apparaît comme un allié de poids.


Un axe stratégique pour des chantiers prioritaires
Les discussions ont rapidement plongé dans le concret. L’objectif affiché par la partie gabonaise est clair : il s’agit de transformer l’essai diplomatique en contrats de réalisation. Les secteurs ciblés par cette coopération naissante sont précis et répondent à des besoins criants :
Face à une demande pressante, l’État souhaite accélérer la construction de programmes immobiliers accessibles, un vecteur clé de paix sociale. Le désenclavement des territoires et la modernisation du réseau structurant restent une aussi l’une des priorités de Libreville qui veut fluidifier son économie. Au-delà du béton, les investisseurs éthiopiens apportent une expertise pointue dans les systèmes de traitement des eaux, un enjeu crucial pour la sécurité sanitaire des futurs établissements hospitaliers.
Le Président fixe le cap
Au cours de l’échange, le Président Oligui Nguema n’a pas simplement présenté une liste de projets. Il a posé les fondements de sa philosophie de gouvernance : un Gabon « tourné vers la modernité et la prospérité partagée ». Le message à l’endroit des investisseurs était double.
D’un côté, il leur a ouvert la porte de l’investissement, en insistant sur la « transformation structurelle » de l’économie. De l’autre, il a martelé la nécessité d’une « valeur ajoutée sociale et économique » : autrement dit, ces chantiers devront servir de tremplin pour l’employabilité des jeunes gabonais et l’amélioration substantielle des conditions de vie des populations.
L’engagement éthiopien et la « garantie » gabonaise
Séduits par le potentiel du marché gabonais, les hommes d’affaires éthiopiens n’ont pas caché leur intérêt. Ils se sont engagés à passer de la phase de discussion à celle de l’action, en « diligentant » des études de faisabilité en collaboration avec les administrations compétentes. Une promesse de sérieux qui vise à transformer des intentions en projets d’envergure.
En retour, le Chef de l’État leur a offert ce qui est souvent le talon d’Achille de l’investissement en Afrique centrale : une garantie de stabilité. Il a réaffirmé la détermination des pouvoirs publics à offrir un climat des affaires attractif, transparent et sécurisé. Une promesse forte visant à rassurer des investisseurs internationaux qui scrutent la fiabilité des cadres juridiques avant d’engager des capitaux.

Si les protocoles d’accord ne sont pas encore signés, cette rencontre marque une étape politique significative. En sollicitant l’expertise éthiopienne, Libreville diversifie ses sources d’investissement et envoie un signal fort : sous la Vème République, le Gabon entend bien être un chantier permanent, mais un chantier où les règles du jeu sont claires. Reste désormais à savoir quels seront les premiers projets à sortir de terre de cette nouvelle alliance.



