FlashInternationalPolitique
Ali Bongo : petites misères administratives et grand déclassement sur les bords de la Tamise

L’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba, découvre depuis quelques semaines une vérité que des millions de mortels connaissent déjà : quand les papiers ne sont pas en règle, même un ex-chef d’État peut se retrouver coincé au purgatoire parisien.

Imaginez la scène. Vous avez dirigé un pays pendant quatorze ans, vous avez côtoyé les grands de ce monde, et vous voilà soudainement cloué à Paris parce que le système électronique de la police aux frontières britannique a dit « non ». Une fin de règne qui a décidément du mal à trouver son épilogue.
Ali Bongo traîne depuis plusieurs semaines dans son appartement de l’avenue Foch, incapable de rejoindre Londres où l’attendent son épouse Sylvia et leurs enfants. La raison de ce séjour forcé dans la capitale française ? Un simple détail administratif, le genre de paperasse qui fait bâiller les fonctionnaires et trembler les simples citoyens : son autorisation électronique de voyage (ETA) pour le Royaume-Uni a expiré.
Depuis avril 2025, les Français doivent demander cette fameuse autorisation pour fouler le sol britannique. L’ancien président, qui réside habituellement dans le chic quartier londonien de Mayfair, a sans doute cru que son statut le protégerait de ces contingences terre-à-terre. Il n’en est rien. Le Royaume-Uni post-Brexit ne badine pas avec ses frontières, même quand il s’agit d’anciens locataires des palais africains.
Un visa peut en cacher un autre
La situation a quelque chose de cocasse, presque de poétique. L’homme qui a quitté Libreville dans la discrétion d’une nuit de mai 2025, après une médiation angolaise, se retrouve aujourd’hui prisonnier d’une procédure administrative qu’il partage avec des millions d’anonymes. Une forme d’égalité républicaine que le président déchu n’avait probablement pas anticipée.
Pendant ce temps, Sylvia Bongo reste sagement à Londres avec leurs enfants, incapable de bouger sans risquer de se retrouver, elle aussi, dans l’incapacité de rentrer. Une famille séparée par un simple formulaire en ligne et des cases à cocher.
On dit qu’une procédure de régularisation est en cours auprès des autorités britanniques. L’ancien président devra obtenir un visa classique, comme tout un chacun, avant de pouvoir retrouver les brumes londoniennes et sa vie de retraité forcé.
Le pouvoir n’achète pas l’immunité administrative
Il y a sans doute une leçon dans cette mésaventure, une de ces petites vengeances que l’administration moderne inflige à ceux qui ont trop longtemps cru que les règles étaient faites pour les autres. Ali Bongo, qui se rend régulièrement en France pour suivre ses procédures judiciaires contre les autorités gabonaises, découvre aujourd’hui que le droit de passage a ses limites.
La situation n’a rien de dramatique, et l’intéressé n’est évidemment pas à plaindre : son avenue Foch n’est pas un camp de réfugiés. Mais elle a ce je-ne-sais-quoi d’ironique qui fait sourire, même respectueusement, ceux qui savent qu’un jour ou l’autre, l’administration finit toujours par vous rattraper.
Surtout quand vous avez oublié de renouveler votre autorisation de voyage.



