
Malgré une situation économique qui ne cesse de se dégrader, le Gabon semble jouer la montre avec le FMI. Une stratégie du silence qui agace les investisseurs et fait grincer des dents du côté de l’agence Fitch, qui vient de remettre une pièce dans la machine .
Si l’on en croit l’adage, ce n’est pas en parlant qu’on résout les problèmes, mais en agissant. À Libreville, on semble pourtant vouloir pousser la logique un peu plus loin : ce n’est pas non plus en agissant qu’on les résout, mais en… n’en parlant pas.
Alors que les caisses de l’État grincent et que la dette respire par perfusion, Ecomatin rapporte ce jeudi les mises en garde répétées de l’agence Fitch. L’alerte est pourtant claire : sans un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), le Gabon reste « exposé au risque de défaut ». Un aveu de fragilité qui n’a rien d’une surprise, mais qui replace la diplomatie financière gabonaise face à ses contradictions.
Des « signaux » dans le vide
Car oui, il se passe des choses. Ou du moins, on veut le croire. Selon nos confrères, Libreville a bien envoyé des « signaux » à Washington. Des petits coups de coude complices, des regards appuyés en direction du FMI… Mais dans le monde austère de la finance internationale, les œillades ne font pas office de lettres de créance.
Résultat : aucune demande officielle n’a atterri sur le bureau des équipes du Fonds. Cette valse-hésitation entretient un brouillard peu propice à la détente. Les investisseurs, qui n’aiment rien tant que la clarté (et les intérêts bien payés), commencent sérieusement à trouver le temps long.
L’ironie d’un silence qui parle trop fort
On cherche encore la stratégie derrière cette ataraxie. Espère-t-on à Libreville que le FMI finisse par demander lui-même à entrer dans la danse ? Ou bien le gouvernement gabonais tente-t-il de réinventer la finance internationale, persuadé qu’à force de ne pas appeler le plombier, la fuite finira par se colmater seule ?
Pendant ce temps, Fitch maintient la pression. Et le fameux « risque de défaut » n’est plus une hypothèse de cas d’école, mais une épée de Damoclès bien réelle. Une chose est sûre : dans le jeu du chat et de la souris, il est rarement bon de faire semblant de dormir quand le chat, lui, a déjà sorti ses griffes.
En attendant, le Gabon reste donc dans une position pour le moins inconfortable : trop endetté pour faire semblant de rien, mais pas encore assez pour… demander de l’aide, justement. Une drôle de méthode qui, si elle persiste, pourrait bien transformer le « risque » en réalité.
Source : Ecomatin



