
Confrontés à l’embrasement du Moyen-Orient après la mort du guide suprême iranien, plusieurs pays africains évacuent en urgence leurs citoyens. Le Ghana ferme son ambassade à Téhéran, le Nigeria rapatrie ses ressortissants d’Iran et d’Israël, tandis que l’Ouganda affrète un pont aérien pour ses étudiants. La région est devenue une poudrière.
L’escalade qui change la donne
Dans la nuit de vendredi à samedi, des frappes aériennes conjointes des forces américaines et israéliennes ont changé la donne au Moyen-Orient. Objectif atteint : l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, a été tué, avec plusieurs hauts responsables du régime.
La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre. Une salve de missiles a visé Israël et les bases américaines disséminées dans la région : Qatar, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Irak, Jordanie, Arabie Saoudite. Autant de pays où des milliers d’Africains – Ghanéens, Nigérians, Kényans, Ougandais, Soudanais – vivent et travaillent.
Nouvelles frappes dans la nuit de dimanche à lundi. Les survivants du régime iranien promettent de « répondre avec force ». La région est au bord du gouffre. L’Afrique, elle, ne veut pas payer le prix du chaos.
Accra ferme son ambassade
Le Ghana a donné le ton dès samedi. Fermeture immédiate de l’ambassade à Téhéran. Évacuation urgente du personnel diplomatique et des ressortissants. Seuls quelques agents restent sur place pour assurer une présence consulaire minimale.
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères est clair : « Évitez tout voyage non essentiel vers et depuis le Moyen-Orient. » Une directive qui vaut avertissement : la région n’est plus sûre pour personne.
Nigeria : double évacuation
Abuja monte en puissance. Le Nigeria annonce avoir « finalisé les plans » d’évacuation d’urgence pour ses citoyens coincés en Iran… et en Israël. Double front, double risque. Les autorités nigérianes ne prennent aucun risque : quiconque veut partir doit pouvoir le faire, et vite.
Ouganda : un pont aérien pour 48 étudiants
Kampala passe à la vitesse supérieure. Quarante-huit étudiants ougandais sont coincés dans la zone de guerre. Solution : un acheminement aérien via la Türkiye, pays qui maintient encore des liaisons avec la région. L’opération est en cours. Objectif : sortir ces jeunes du piège avant qu’il ne soit trop tard.
Soudan et Kenya : la mécanique s’enclenche
Khartoum ne fait pas de détail : « Départ immédiat de nos ressortissants. » Pas de planification longue, pas d’attente. Le Soudan, déjà miné par ses propres crises, n’a pas les moyens de gérer des ressortissants bloqués à l’étranger. Il agit vite.
Le Kenya, lui, « prend des mesures similaires ». La machine administrative tourne pour rapatrier les Kényans éparpillés dans les pays touchés par les frappes.
Pretoria appelle à la vigilance
L’Afrique du Sud n’évacue pas encore massivement, mais prépare le terrain. Le DIRCO – ministère des Relations internationales – enjoint ses ressortissants à s’enregistrer auprès des ambassades. Objectif : pouvoir les localiser, les contacter, les sortir si l’ouragan se rapproche.
L’Afrique dans l’œil du cyclone
Ce qui se joue au Moyen-Orient n’est pas une crise de plus. C’est un embrasement régional avec des conséquences globales. Les missiles iraniens sont tombés sur dix pays. Les frappes américano-israéliennes ont décapité un régime. La promesse de vengeance est sur toutes les lèvres.
Les pays africains évacuent parce qu’ils savent que le pire est peut-être à venir. Leurs ressortissants, pris dans des villes étrangères, ne doivent pas devenir des dommages collatéraux d’une guerre qui n’est pas la leur.
L’Afrique, cette fois, ne regarde pas le chaos de loin : elle le rapatrie.



