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Tragédie à Atta Ne Atta : Neuf mineurs clandestins tués dans l’effondrement d’un puits, la colère monte

Un samedi soir funeste dans le district d’Asutifi Sud, région d’Ahafo. Alors que l’obscurité enveloppait la communauté d’Atta Ne Atta, la terre s’est brusquement dérobée sous les pieds d’une vingtaine de jeunes hommes. Bilan officiel : neuf morts et quatre blessés graves, dans ce qui s’apparente à un nouvel accident évitable lié à l’orpaillage illégal, ou « galamsey ».
 
C’est une histoire de misère et de désespoir qui s’est écrite sous un amas de terre, dans la nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars 2026. À Atta Ne Atta, un nom qui commence à résonner tristement dans les annales de l’exploitation minière artisanale au Ghana, la quête d’or a viré au cauchemar collectif.
 
Une excavation de la dernière chance
 
Selon les premiers éléments recueillis par Adom FM sur place, le site qui s’est effondré était nouvellement excavé . Une information cruciale qui laisse penser que les victimes, pour la plupart de jeunes hommes de la région, venaient tout juste de commencer à creuser ce nouveau puits.
 
L’espoir d’une vie meilleure les avait attirés là. Des rumeurs persistantes circulaient dans la zone faisant état de la découverte d’importants gisements d’or . Dans un contexte de précarité, la promesse d’un filon facilement accessible agit comme un aimant, poussant ces mineurs clandestins à prendre des risques inconsidérés.
 
Le piège s’est refermé
Il était tard dans la nuit, aux alentours de 23 heures, lorsque le drame est survenu. Sans avertissement, les parois du puits, profond et étroit, ont cédé. La terre, gorgée par les récentes pluies ou simplement instable en raison d’une excavation trop rapide, s’est déversée sur les mineurs pris au piège au fond du trou.
 
L’enquête, bien que préliminaire, pointe déjà une cause probable : l’absence de renforts en bois. Les mineurs expérimentés de la région l’affirment : pour sécuriser une excavation de ce type, il est impératif de consolider les parois avec des piquets de bois afin d’éviter les éboulements . Une mesure de sécurité élémentaire qui, dans le cadre de l’exploitation illégale et clandestine, est trop souvent négligée par souci de rapidité ou par manque de moyens.
 
Une macabre confusion et des secours citoyens
 
Dans les premières heures qui ont suivi le drame, la confusion régnait. L’information a d’abord été erronée, certains médias évoquant un effondrement à Manso Tontokrom, dans la région Ashanti voisine . Il a fallu l’intervention des autorités locales et de l’hôpital pour rectifier le lieu et établir un premier bilan.
 
Sur place, l’urgence était totale. Face à l’ampleur de la catastrophe, le chef de zone (assemblyman) n’a pas attendu les secours officiels. Il a immédiatement mobilisé les résidents pour qu’ils creusent à mains nues et à la pelle, tentant désespérément de dégager les victimes ensevelies . Pendant des heures, ces secouristes improvisés ont fouillé la terre avant de cesser leurs recherches, ne trouvant plus aucun signe de vie.
 
Le bilan a ensuite été affiné. Si l’on a d’abord parlé de dix morts, ce chiffre a été ramené à neuf après que les autorités hospitalières ont précisé qu’un corps comptabilisé par erreur n’était pas lié à l’effondrement de la mine .
 
Bilan humain et colère latente
 
Finalement, ce sont neuf jeunes hommes qui ont perdu la vie. Leurs dépouilles ont été déposées à la morgue de l’hôpital catholique St. Elizabeth de Hwi Diem . Quatre autres mineurs, extraits vivants mais grièvement blessés, y sont actuellement soignés. Le personnel médical a indiqué que leur état, bien que grave, était stable et qu’ils répondaient positivement aux traitements .
 
Le site de l’accident, source de danger immédiat, a depuis été recouvert par les autorités locales pour prévenir tout autre effondrement et éviter que d’autres chercheurs d’or ne viennent tenter leur chance sur cette terre meurtrie .
 
Cet événement tragique ravive un sentiment de colère et de désarroi dans une région habituée aux interventions répressives. Atta Ne Atta se trouve en effet dans la circonscription de Collins Dauda, un secteur qui avait déjà été le théâtre de violentes confrontations entre mineurs clandestins et la Force opérationnelle nationale anti-galamsey (NAIMOS) . La communauté, minée par le chômage et tentée par l’orpaillage, reste dans l’attente de solutions durables qui ne se limitent pas à la répression, mais offrent des alternatives économiques viables.
 
L’enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes, mais dans l’immédiat, ce sont neuf familles qui pleurent leurs disparus, emportés par le rêve brisé d’un avenir meilleur.

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