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Éléphants et grumes : le Gabon teste sa « diplomatie rurale » sur le terrain

Comment empêcher un éléphant de ravager un champ de manioc tout en relançant une scierie à l’arrêt ? C’est l’équation complexe à laquelle s’attaque Maurice Ntossui Allogo, le ministre des Eaux et forêts, depuis le début de la semaine. Parti en tournée dans le grand Est gabonais, le membre du gouvernement a choisi le terrain pour dresser le bilan des cent premiers jours de son action, loin des travées climatisées de la capitale.
Premier arrêt, Koumameyong. Ici, le conflit entre l’homme et la bête sauvage n’est pas un concept abstrait, mais une réalité quotidienne. Pour protéger les cultures vivrières, une solution basse technologie mais efficace a été testée : une clôture électrique financée par l’initiative CAFI. Le ministre a inspecté ces installations censées rassurer des villageois souvent démunis face aux incursions des pachydermes. Il a également visité la brigade locale dédiée à ces crises, ces « urgentistes » de la brousse chargés d’organiser les battues administratives ou d’indemniser les victimes.
 
Mais la tournée ne s’arrête pas à la gestion des nuisibles. À Booué, c’est un tout autre chantier qui attend le ministre : la renaissance industrielle. Dans le chef-lieu de la Lopé, les machines de l’entreprise IBMG ont été remises en route. Une bouffée d’oxygène pour la zone. Avec une capacité annoncée de 120 mètres cubes de bois transformés par jour, cette unité de la SNBG se concentre sur la première et deuxième transformation du bois.
 
Derrière les chiffres, il y a un message : soixante Gabonais viennent de retrouver un emploi. Une illustration locale de la stratégie gouvernementale qui tente de marier exploitation forestière et création d’emplois durables. La tournée, qui doit se poursuivre dans les provinces de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué, vise aussi à poser les bases d’une filière « viande de brousse » plus encadrée, un sujet sensible où se heurtent sécurité alimentaire et préservation de la biodiversité.

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