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Sénégal : feu vert pour une loi anti -LGBTQIA+ plu sévère, les peines doublent

L’Assemblée nationale sénégalaise a franchi un cap répressif majeur ce mercredi 11 mars. Sous l’impulsion du parti Pastef au pouvoir, les députés ont massivement adopté une révision de l’article 19 du code pénal, alourdissant considérablement les sanctions contre les relations homosexuelles. Un coup de marteau législatif qui fait passer la peine maximale de cinq à dix ans d’emprisonnement.

Fini le temps où les peines pouvaient sembler clémentes. Désormais, toute personne reconnue coupable d’actes qualifiés de « contre nature » encourt une double peine : jusqu’à dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant. L’addition financière est tout aussi salée : l’amende maximale passe de 1,5 million à 10 millions de francs CFA. Cette réforme intervient alors qu’une vague d’arrestations de personnes présumées homosexuelles déferle déjà sur le pays.
 
« Le peuple nous mettait la pression »
 
Pour le député Ismaël Wone (Pastef), ce n’est que l’accomplissement d’une promesse de campagne. « Le peuple nous réclamait cela depuis deux ans. Il fallait agir », justifie-t-il, martelant que l’homosexualité est contraire aux « normes de conduite » du pays. Un argumentaire qui sonne comme une réponse à une frange conservatrice de la population.
 
Déchirure parlementaire et accusations de détournement 
 
Pourtant, tous ne marchent pas au pas. Dans les rangs de l’opposition, certains députés montent au créneau, reprochant au pouvoir de ne pas être allé assez loin… en n’érigeant pas l’homosexualité en crime. Une surenchère sécuritaire que rejette violemment Thierno Alassane Sall, député non aligné. Refusant de voter le texte, il dénonce une manœuvre politique : « Dans un contexte économique et social explosif, ce débat sert à détourner l’attention des vraies crises qui rongent les Sénégalais. »
 
Avec 109 sièges sur 165, le parti présidentiel n’a fait qu’une bouchée de cette opposition. Une adoption en rouleau compresseur qui marque un tournant dans la législation sénégalaise.

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