
Il monte au créneau et ne mâche pas ses mots. Dans les colonnes de L’Union ce mardi, Alain-Claude Bilie-By-Nze, le patron d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), a riposté avec la fermeté d’un boxeur sur le ring. Visé par les critiques de Germain Ngoyo Moussavou, le président de la Haute autorité de la communication (HAC), l’ancien Premier ministre transforme l’essai et porte l’estocade : non, il ne se taira pas, et oui, la minorité a le droit de faire entendre sa voix.

D’entrée de jeu, le ton est donné. La décision de la HAC de couper le robinet des réseaux sociaux depuis un mois ? Une « atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales ». Bilie-By-Nze ne goûte pas à la soupe liberticide qu’on veut servir aux Gabonais. Et le camouflet judiciaire de lundi, avec ce tribunal de Libreville qui s’est déclaré incompétent ? EPG ne l’avale pas non plus. « Nous interjetons appel », tonne-t-il, bien décidé à porter le débat sur le fond d’une affaire qu’il juge d’ « une extrême gravité ».
« Minorité bruyante » ? « Hérésie politique ! »
C’est là que ça se corse pour le président de la HAC. En traitant Bilie-By-Nze de « porte-parole de la minorité bruyante », Germain Ngoyo Moussavou a allumé la mèche. La réponse de l’intéressé est cinglante : « C’est une hérésie politique ». Et d’égratigner au passage un pouvoir qu’il qualifie sans détour de « tentation autocratique et tyrannique ».
Pour l’opposant, la démocratie ne se négocie pas en ton pastel. Il retourne la question comme un gant : « Si la minorité ne s’exprime pas, comment pourrait-elle devenir majoritaire dans l’opinion d’abord, et dans les urnes ensuite ? » Une pique acérée qui remet les pendules à l’heure sur le rôle essentiel des voix dissidentes.
La HAC hors-jeu ?
Sur le terrain juridique, Bilie-By-Nze enfonce le clou. La HAC a-t-elle seulement le droit de régenter la toile ? » La réponse est non », assène-t-il, démontant pièce par pièce l’argumentaire de l’institution. Son réquisitoire est sans appel : on ne sacrifie pas la liberté d’expression sur l’autel de l’improvisation. » Dans tous les pays sérieux, on pose d’abord un cadre normatif, ensuite on régule », ironise-t-il, soulignant par contraste l’amateurisme de la manœuvre.
Un choix de camp assumé
Au-delà de la polémique, c’est un véritable réquisitoire contre la gouvernance actuelle que livre le leader d’EPG. Son credo ? « Défendre les principes et les valeurs, plutôt que de défendre un régime. » Une ligne de conduite claire qui pose son parti en rempart face à ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire. Dans un paysage politique sous tension, Bilie-By-Nze vient de rappeler que l’opposition n’est pas un bruit de fond, mais une vigie.



