Aux États-Unis, un juge fédéral a sorti sa baguette magique pour ordonner la réanimation de Voice of America (VOA), cette radio qui avait pour mission de causer dans le poste à travers le monde, notamment sur le continent africain. Mauvaise nouvelle pour l’administration Trump : sa tentative de réduire au silence les médias publics internationaux vient de prendre un gros râteau.


Mardi, le magistrat Royce Lamberth a donc enjoint de remettre en marche les grandes machines de VOA et de rappeler au boulot plus de 1000 employés qui sirotent des congés administratifs payés depuis un an. Ces fonctionnaires de l’onde, placés en « pause café » prolongée en juin dernier, doivent retrouver leur micro d’ici le 23 mars. Le juge a également sommé l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), la maison mère de VOA, de présenter dare-dare un plan de reprise des émissions vers l’étranger.
Kari Lake, la reine du castrage radiophonique, prend cher
Cette grosse fessée judiciaire fait suite à une première décision du même juge, qui avait déjà déclaré « illégale » la nomination de la personne chargée de superviser ces licenciements. Une invalidation qui, par ricochet, a transformé la purge en pétard mouillé.
En cause ? Kari Lake, l’ex-starlette du journalisme de combat, nommée par Donald Trump à la tête de l’USAGM. Cette dernière avait débarqué avec sa tronçonneuse administrative pour tailler dans le budget de VOA, mais aussi de Radio Free Europe et Radio Free Asia. Son plan de « rénovation » ressemblait surtout à une tentative de transformer ces médias en déserts sonores.

Trois employés de VOA, qui avaient intenté l’action en justice, n’ont pas caché leur joie. Dans un communiqué senti, ils ont déclaré : « On a hâte de commencer à recoller les morceaux que Kari Lake a cassés à l’agence et à nos collègues. On veut revenir à notre mission, celle que le Congrès nous a confiée : parler au monde, même si entre-temps, le monde a appris à se passer de nous. »
Créée à l’époque où l’on se tapait sur la gueule pendant la Seconde Guerre mondiale, Voice of America avait pour job de balancer la « voix de l’Amérique » dans les coins où la parole était verrouillée, notamment dans les régimes autoritaires. Aujourd’hui, le gouvernement américain, un peu vexé, a annoncé qu’il allait faire appel de cette décision. Mais en attendant, les techniciens de VOA doivent rallumer les studios. Peut-être que, d’ici peu, on pourra de nouveau capter les infos made in USA



