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Prise d’assaut d’un chalutier au large du Gabon : neuf marins toujours portés disparus, une nation dans l’attente
Dans la nuit du 10 au 11 janvier, un navire de pêche a été attaqué par des pirates au large des côtes gabonaises. Si six marins ont été secourus, neuf autres – chinois et indonésiens – restent aux mains de leurs ravisseurs. Une semaine après, l’angoisse persiste.

Un silence lourd pèse sur les eaux du golfe de Guinée. Dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 janvier, peu après 2 heures du matin, le chalutier IB FITCH, battant pavillon gabonais, a été brutalement pris d’assaut par des pirates alors qu’il évoluait au large des côtes gabonaises. Une attaque rapide et violente qui a plongé l’équipage dans la terreur.
Alertées, les forces de la marine nationale et de la gendarmerie gabonaises sont intervenues. Leur réaction a permis de localiser le navire et de secourir six marins, sains et saufs mais profondément choqués. Un maigre réconfort au milieu du drame : neuf de leurs camarades, de nationalité chinoise et indonésienne, ont été enlevés par les assaillants avant leur fuite. Ils sont, à ce jour, toujours introuvables.


Près d’une semaine s’est écoulée. Une semaine d’un insoutenable suspens pour les familles des disparus et pour la communauté maritime. Les recherches et les investigations se poursuivent dans la plus grande discrétion, tant la situation est délicate.
Face à cette crise, la société propriétaire du navire, IB FITCH Gabon, a rompu le silence ce jeudi. Par la voix de son conseil, Me Rufin Nkoulou Ondo, elle a adressé un message grave à l’opinion nationale et aux proches des victimes, tentant de conjuguer détermination et extrême prudence.
« C’est en notre qualité de la société IB FITCH Gabon, de son administration générale, de ses actionnaires, de son personnel que nous prenons la parole ce jour après cet enlèvement malheureux pour vous affirmer l’engagement total, la détermination de l’armateur à ramener les victimes auprès des leurs », a déclaré le représentant de l’entreprise, la voix empreinte de solennité.


Il a assuré que des actions étaient déployées « au quotidien en collaboration avec le gouvernement » pour retrouver les otages, en parallèle des mesures prises « au plus haut niveau de l’État ». Des mots qui soulignent la mobilisation des autorités, mais qui ne suffisent pas à apaiser l’inquiétude tant que les marins ne sont pas libérés.
Le discours de la société a surtout traduit l’angoisse du temps qui passe, un temps devenu torture pour les familles. « Car chaque seconde, chaque heure et chaque jour qui passe sans nouvelles de nos proches ressemble à une éternité », a reconnu Me Nkoulou Ondo, donnant une voix à la souffrance muette des attentes.
Enfin, il a justifié le manque d’informations publiques détaillées par une nécessaire réserve, dictée par la sécurité même des otages. « Nous traitons cette affaire avec la plus grande rigueur qui soit et avec humanité. Mais sa gravité et sa sensibilité nous contraignent aussi à une extrême discrétion pour la sécurité des otages, de vos proches. »

Cette déclaration, si elle vise à rassurer, ne fait que confirmer la gravité extrême de la situation. Neuf vies sont en jeu, quelque part en mer ou peut-être déjà à terre, entre les mains de groupes criminels. Les familles, à des milliers de kilomètres, scrutent chaque nouvelle dans l’espoir d’un signe. Les autorités gabonaises et les partenaires internationaux semblent engagés dans une course contre la montre, où le silence des opérations se heurte au fracas de l’angoisse.
Pour l’heure, l’océan n’a rendu aucun secret. L’attente, elle, continue, minute après minute, heure après heure, dans la lourdeur d’une éternité redoutée.



