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Covid long : une protéine liée à Alzheimer détectée dans le sang, une piste pour comprendre les symptômes persistants
Une étude américaine révèle des niveaux élevés de la protéine tau, un marqueur associé aux lésions cérébrales, chez des patients souffrant de symptômes neurocognitifs après une infection au Covid-19. Cette découverte ouvre des questions sur les conséquences à long terme de la maladie.

Les séquelles neurologiques du Covid-19, souvent regroupées sous le terme de « Covid long », représentent un défi majeur de santé publique. Une récente étude, publiée dans la revue scientifique eBioMedicine, apporte un nouvel éclairage potentiellement inquiétant sur ces troubles persistants.

Des chercheurs de la Renaissance School of Medicine de l’Université Stony Brook (États-Unis) ont suivi 227 patients présentant des symptômes neurocognitifs à la suite d’une infection au SARS-CoV-2 : brouillard mental, maux de tête, vertiges, perte de goût ou d’odorat.
Leur découverte principale ? Une augmentation significative – de 59% en moyenne – d’une forme spécifique de la protéine tau (pTau-181) dans le sang de ces patients, comparé à leurs niveaux avant l’infection. Or, cette protéine est un biomarqueur reconnu de lésions cérébrales et son accumulation anormale est un marqueur caractéristique de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.
« La présence de la protéine tau à des niveaux élevés dans le sang est un biomarqueur connu de lésions cérébrales durables », explique le Pr Sean Clouston, auteur correspondant de l’étude. Il souligne cependant la prudence nécessaire : « Nous ignorons si cette augmentation […] représente une évolution biologique comparable à celle observée chez les personnes développant la maladie d’Alzheimer. »
Un autre résultat interpelle : chez les patients dont les symptômes neurologiques (N-PASC) duraient depuis plus d’un an et demi, l’augmentation du taux de tau était encore plus prononcée. Cette corrélation laisse craindre un risque potentiellement accru de troubles cognitifs à long terme ou de maladies neurodégénératives avec l’âge pour ces personnes.
Sensibilisation et nuances nécessaires
Cette étude ne signifie pas qu’une infection au Covid-19 conduit inéluctablement à la maladie d’Alzheimer. Elle identifie en revanche un signal biologique fort qui justifie une vigilance et des recherches approfondies.
Elle souligne l’importance de prendre au sérieux le Covid long, notamment dans ses manifestations neurologiques, et de poursuivre le suivi médical des patients concernés. Comprendre pourquoi cette protéine apparaît en excès pourrait ouvrir la voie à des stratégies de prévention ou de prise en charge pour protéger la santé cérébrale des millions de personnes touchées par des symptômes persistants.
Source : Étude « Elevation of plasma tau protein in individuals with neurocognitive sequelae following SARS-CoV-2 infection » publiée dans eBioMedicine (The Lancet). Les propos des chercheurs sont issus du communiqué de l’Université Stony Brook.



