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« C’est faux, et il le sait » : Ali Bongo sort de l’ombre et tacle violemment Oligui Nguema

Libreville, le ciel politique s’assombrit de nouveau. Après l’entretien télévisé très suivi du président Brice Clotaire Oligui Nguema sur France 24, son prédécesseur Ali Bongo Ondimba a brisé le silence. Et il l’a fait avec une violence rare. Réponse cinglante, accusations de torture, et un « tu l’as dit, mais c’est faux » : l’ex-chef d’État ne compte plus laisser dire.

L’image d’un Oligui Nguema serein, la main tendue vers son prédécesseur, a fait long feu. Mardi, le président gabonais affirmait n’avoir « aucun différend » avec Ali Bongo, assurant qu’il était libre de revenir au pays, passeport diplomatique en poche, sans aucune procédure judiciaire à son encontre. Une tentative d’apaisement ? Pour l’ancien homme fort du Gabon, c’est tout simplement « faux ».

Dans un communiqué publié ce mercredi 3 juin sur Facebook par son porte-parole Ali Akbar Onanga Y’Obègue, l’ex-président ne mâche pas ses mots : « Monsieur Oligui affirme n’avoir aucun problème avec moi. C’est faux, et il le sait. » La guerre des mots est lancée.

Tortures, prison dorée et main tendue refusée

Loin des salons diplomatiques, Ali Bongo charge. Il dénonce les conditions de détention de sa femme Sylvia et de son fils Noureddin, affirmant avoir des preuves de tortures qu’il aurait déjà transmises aux autorités françaises et à l’ONU. Il réclame aujourd’hui une enquête indépendante. La main tendue par Oligui Nguema ? Il la voit comme une mascarade tant les siens souffrent.

L’argument qui tue : « Qui m’a nommé, lui ? »

Mais le moment le plus dévastateur de la déclaration d’Ali Bongo concerne sa propre santé. Le président Oligui Nguema avait balayé d’un revers de main les cinq dernières années du mandat Bongo, le décrivant comme un dirigeant fantoche, absent après son AVC, laissant sa femme et son fils tirer les ficelles.

La réponse d’Ali Bongo est un uppercot politique. Il ne nie pas la maladie, mais retourne l’arme contre son successeur :

« Il prétend que j’étais un président absent. Qui a nommé Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête de la Garde républicaine ? Qui lui a donné des responsabilités stratégiques ? »

Autrement dit : comment peut-on me présenter comme un incapable tout en servant sous mes ordres à des postes clés ? L’incohérence, selon lui, est criante.

Trois ans après, la plaie est toujours vive

À quelques jours du troisième anniversaire du coup d’État du 30 août 2023, cet échange à distance a le mérite de la clarté : il n’y a pas de réconciliation en vue. L’ancien président accuse même plusieurs anciens fidèles de lâcheté et de silence, affirmant qu’ils connaissent la « vérité » sur cette fin de règne.

D’un côté, Oligui Nguema joue la carte de la stabilité et du pardon olympien. De l’autre, Ali Bongo sort de son silence pour rappeler qu’il n’a rien oublié, et surtout, qu’il ne renonce pas à demander des comptes. Le duel à distance n’a jamais été aussi électrique.

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