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Pathé’O, le couturier des chefs d’État, pose ses valises à Libreville

Du 19 au 21 juin 2026, la vitrine de Kay Anne Gallery se mue en écrin de la haute couture panafricaine. En vedette : Pathé’O, la signature continentale qui a vêtu Mandela, Kagame et Mohammed VI. Mais aussi, la scène locale avec Chouchou Lazare, Yéyé Créations et Ndossi Village. Au bon moment, alors que le look africain s’impose désormais chaque vendredi dans l’administration gabonaise.

Certains noms n’ont besoin d’aucune présentation. Pathé’O en est. Le petit tailleur de Treichville, devenu en un demi-siècle le couturier des chefs d’État africains, installe ses cotonnades à Libreville pour un week-end d’exception. Et le timing, lui, semble avoir été choisi sur mesure.

Le 30 avril dernier, le Conseil des ministres gabonais adoptait un décret historique : chaque vendredi, les agents publics doivent arborer la tenue africaine. Des milliers de fonctionnaires sont désormais en quête de pièces qui allient élégance et identité. L’expo-vente de Kay Anne Gallery tombe à pic pour qui entend relever le défi avec panache, signature à l’appui.

Celui qui a habillé Madiba

 

L’histoire a valeur de légende. En 1994, lors d’une visite officielle en France, Nelson Mandela apparaît dans l’une de ces chemises bariolées qui deviendront sa marque de fabrique. La photo fait le tour du monde. Les boutiques sont prises d’assaut. Et la griffe entre dans la cour des grands.

Le hasard d’un cadeau offert par Miriam Makeba aura suffi à propulser un autodidacte au rang d’icône. Depuis, le parcours force le respect : collaboration avec Dior en 2019, clientèle allant du roi Mohammed VI à Paul Kagame, en passant par le milliardaire Aliko Dangote. Derrière le succès, un combat chevillé au corps : que les stylistes africains habillent enfin leurs propres dirigeants, et que la mode du continent s’impose comme un véritable secteur économique.

La création gabonaise sous les projecteurs

Loin de jouer les faire-valoir, les créateurs locaux tiennent le haut de l’affiche aux côtés de l’aîné ivoiro-burkinabè. Chouchou Lazare, Yéyé Créations et Ndossi Village incarnent ce « Made in Gabon » que le décret entend justement stimuler. Une manière de rappeler que l’excellence ne s’importe pas : elle se cultive aussi à la maison.

Inaugurée en septembre 2022 par Wilma Sickout Assélé sous la bannière « ouvrir le Gabon au monde », Kay Anne Gallery assume depuis longtemps cette vocation de carrefour panafricain. L’événement de cette fin de semaine en sera la plus belle illustration.

Pratique : la galerie ouvre ses portes de 10h à 20h, avec collation et moment de détente tout au long de la journée du dimanche. Une occasion unique de toucher du doigt l’élégance continentale, celle qui habille les puissants et inspire désormais toute une administration

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