Football international : Kevin Keegan, le roi au cœur brisé, nous a quittés
L'Angleterre pleure son dernier chevalier du football


« C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de Kevin Keegan. Kevin luttait contre le cancer et était entouré de sa femme et de ses filles dans ses derniers instants », ont-ils écrit, chaque mot pesant comme un adieu.

Cet homme au sourire éclatant, à la crinière blonde tombant sur un maillot rouge, n’était pas qu’un footballeur. Il était l’incarnation d’une époque où le football se jouait avec l’âme. En 1977, il soulevait la Coupe d’Europe des clubs champions avec Liverpool, une équipe qu’il portait sur ses épaules comme on porte un rêve. Trois Championnats d’Angleterre viendront couronner cette histoire d’amour avec les Reds, avant qu’il ne s’exile à Hambourg, où il échouera en finale de la C1 en 1980, les larmes aux yeux, le destin cruel.« King Kev », le roi sans couronne


Surnommé affectueusement « King Kev », il aura porté le maillot des Three Lions à 63 reprises, pour 21 buts. Chacun d’eux était un cri, un geste de génie, une promesse. Sa carrière de sélectionneur (1999-2000) fut brève, comme un éclair trop vite consumé, mais son empreinte sur le banc de Newcastle, Fulham et Manchester City reste indélébile.C’est à Newcastle qu’il deviendra une légende vivante. En 1993, il offre au club la promotion en Premier League. Puis il façonne « The Entertainers », ces artistes du ballon qui firent trembler l’Angleterre en 1996, terminant seconds derrière Manchester United. Ces années-là, St James’ Park vibrait d’un amour pur, d’un jeu total, d’une folie douce que seul Keegan savait insuffler.Un combat perdu, une vie gagnée
En janvier dernier, sa famille avait annoncé qu’il suivait un traitement contre un cancer de grade 4, le plus agressif. « Kevin a récemment été admis à l’hôpital pour un examen approfondi après des symptômes abdominaux persistants », révélaient-ils alors. Newcastle, son club de toujours, lui avait adressé ce message qui résonne aujourd’hui comme une dernière caresse : « King Kev. Nous sommes à tes côtés à chaque instant. Nous te souhaitons un rétablissement complet et rapide. »
Les Magpies ne pourront pas le sauver. Mais ils pleureront leur roi, celui qui leur a appris à rêver, à jouer sans peur, à croire que le football était d’abord une histoire de cœur.
Kevin Keegan laisse derrière lui une veuve, des filles, des petits-enfants, et un peuple tout entier qui se souviendra de lui comme de ce gamin de Doncaster devenu le plus grand, deux Ballons d’Or dans sa poche (1978, 1979), une vie de passion dans les yeux.
Il est parti comme il a vécu : en combattant. Le cancer aura eu le dernier mot, mais jamais il n’effacera les 75 années de génie, de rire, d’humilité et de football pur que cet homme aura offerts au monde.
Adieu, King Kev. Le terrain est vide, mais ton nom résonne pour l’éternité.



