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Le Gabon et la Sierra Leone scellent un pacte de coopération ambitieux pour réinventer leurs relations

À Freetown, une nouvelle ère diplomatique s’ouvre entre Libreville et la capitale sierra-léonaise, marquée par la signature d’un protocole d’accord général qui transcende le cadre bilatéral pour s’inscrire dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Sous le soleil ardent de la côte atlantique, Freetown a été le théâtre, ce lundi, d’une rencontre au sommet qui pourrait redessiner les contours des relations entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. En visite d’État dans l’ancienne colonie britannique, le Président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et son homologue sierra-léonais, Julius Maada Bio, ont présidé une séance de travail historique au State House, conclue par la signature d’un protocole d’accord général de coopération.

Ce texte, qualifié de « cadre stratégique » par les observateurs, ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il jette les bases d’un partenariat multidimensionnel, couvrant des domaines aussi variés que le commerce, l’agriculture, les mines, l’énergie, la sécurité ou encore la culture. Une diversité qui témoigne de la volonté affichée des deux États de sortir du « protocole » pour entrer dans le « concret ».

Un leadership gabonais salué, un partenariat économique convoité

L’ambiance était à la fois cordiale et résolument pragmatique. En ouvrant les échanges, le Président Julius Maada Bio a tenu à renouveler ses « chaleureuses félicitations » à son homologue gabonais, saluant au passage « une transition pacifique et réussie » qui a porté Brice Clotaire Oligui Nguema à la magistrature suprême. Mais au-delà des civilités, le dirigeant sierra-léonais a été particulièrement incisif en soulignant le leadership du Gabon dans des secteurs critiques pour le continent : maintien de la paix, gouvernance démocratique, lutte contre la corruption, mais aussi préservation des forêts et de la biodiversité, un enjeu où le bassin du Congo fait office de poumon vert mondial.

« La Sierra Leone voit en le Gabon un partenaire d’exception, non seulement pour son rayonnement politique, mais pour ses capacités techniques et financières », a confié un diplomate présent dans la salle. Cette admiration s’est rapidement muée en invitation pressante. Le Président Bio a explicitement appelé les investisseurs gabonais à saisir les « importantes opportunités » offertes par son pays, notamment dans l’agriculture, la pêche, la logistique et le tourisme.

Le renouveau institutionnel gabonais au service de l’intégration africaine

Face à cette ouverture, le Chef de l’État gabonais a répondu avec une gratitude non feinte, remerciant Freetown pour son soutien à la candidature de son pays au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Ce soutien politique, perçu comme un gage de confiance, a visiblement renforcé la détermination du président Oligui Nguema à diversifier les alliances économiques de son pays.

Conscient que l’avenir du Gabon ne saurait se résumer à ses liens historiques avec l’Europe ou ses partenaires asiatiques, le président a validé les propositions de son homologue, réaffirmant une vision commune : celle d’une coopération Sud-Sud renforcée. « Il ne s’agit pas seulement de signer un papier, mais de bâtir des ponts solides entre nos peuples et nos économies », a-t-il martelé, selon des sources proches de la délégation.

La ZLECAf comme horizon et le partage d’expertises comme moteur

L’accord signé ce jour par les ministres des Affaires étrangères respectifs est un outil résolument tourné vers l’avenir. En intégrant explicitement la ZLECAf dans ses objectifs, le protocole ambitionne de stimuler les échanges commerciaux et d’attirer des investissements croisés. Pour la Sierra Leone, pays en reconstruction après des décennies de troubles, c’est l’assurance de bénéficier de l’expertise gabonaise en matière de réforme du secteur public et de gestion durable des ressources naturelles.

Pour le Gabon, c’est l’opportunité de s’ancrer davantage dans le marché ouest-africain et de diversifier ses débouchés au-delà du pétrole et du manganèse, en misant sur l’agro-industrie ou les services.

Mais le spectre de la coopération ne s’arrête pas aux échanges commerciaux. Face aux défis sécuritaires persistants dans la région du Sahel et du golfe de Guinée, la coopération en matière de défense et de sécurité figure en bonne place dans le texte. Un partage d’expériences et de bonnes pratiques qui pourrait s’avérer crucial pour la stabilité régionale.

Une nouvelle page diplomatique

Alors que les deux présidents se quittaient sur une poignée de main franche, les drapeaux des deux nations flottaient côte à côte sur les bâtiments officiels de Freetown. Ce protocole d’accord, s’il est suivi d’effets rapides, pourrait bien devenir un modèle de coopération pour d’autres États africains cherchant à dépasser les clivages linguistiques et régionaux.

La route est désormais tracée pour une relation « gagnant-gagnant » entre le géant forestier d’Afrique centrale et le pays minier de l’Atlantique. Le pari est ambitieux ; les fruits, attendus avec impatience, devraient se mesurer dans les mois à venir, sur les marchés de Freetown comme dans les forêts de Libreville.

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