CultureFlash

Cap Estérias, terre de résilience et de culture : la première édition du festival « Entre-Nous Akandais – Bye Bye Vacances » pose les jalons d’un nouvel art de vivre ensemble

Il y a des événements qui ne sont pas de simples divertissements, mais de véritables actes de résistance sociale et de réconciliation générationnelle. La première édition du festival culturel « Entre-Nous Akandais – Bye Bye Vacances », qui s’est tenue les 4 et 5 septembre dans l’enceinte du Collège d’Enseignement Secondaire Public du Cap Estérias, au nord de Libreville, fut de ceux-là. Porté par Jean-Marie Ogandaga, ancien ministre de l’Économie et de la Relance et député de la commune d’Akanda, ce rendez-vous inédit a transformé une simple rentrée des classes en une célébration vibrante des richesses humaines et culturelles de toute une contrée.

Un creuset de talents et de savoir-faire locaux

Pendant deux jours, l’enceinte scolaire a prêté ses murs à une effervescence rare. Loin de l’agitation parfois artificielle de la capitale, le Cap Estérias, cette presqu’île sauvage à une vingtaine de kilomètres de Libreville, est devenu le théâtre d’une véritable fresque vivante. Le public, venu en nombre, a pu déambuler entre les stands d’une exposition-vente où s’entremêlent les senteurs épicées de la cuisine locale, l’éclat des vêtements traditionnels et l’authenticité des produits façonnés par les artisans locaux.

Mais le festival, c’était aussi une scène où les rythmes traditionnels et modernes ont dialogué, portés par des danseurs et musiciens qui ont offert des prestations d’une intensité rare. Et pour couronner le tout, l’élection de Miss Akanda a ajouté une touche d’élégance et de grâce à ce tableau déjà haut en couleur.

Un souffle économique pour les mamans du Cap Estérias

Au-delà de l’aspect festif, cette initiative a eu un retentissement social immédiat, particulièrement pour les femmes, souvent premières pourvoyeuses de stabilité en période de rentrée scolaire. Chantal, exposante, témoigne avec une émotion palpable : « Les mamans n’ont pas beaucoup de moyens. Franchement, ce que nous exposons là va nous aider à supporter les charges de la rentrée scolaire. L’initiative du membre du bureau politique nous aide un peu plus. Pendant ces deux jours, on a pu avoir quelque chose. » Ces quelques mots résument l’essence même du projet : allier la culture à une économie de proximité qui soutient les familles dans les moments clés de l’année.

Jean-Marie Ogandaga ou l’art de faire le pont entre les générations

Interrogé sur le sens profond de cette manifestation, Jean-Marie Ogandaga n’a pas éludé la portée philosophique de son action. Pour lui, ce festival est bien plus qu’un simple au-revoir aux vacances. Il est une réponse à un mal-être contemporain : celui d’une jeunesse privée de mobilité et de rêves. « Beaucoup d’enfants n’ont pas eu l’occasion de voyager pendant les vacances. Mais le simple fait de passer deux jours de festivités comme celles-ci leur permet d’avoir de quoi raconter à leurs camarades. Pour dire que nos vacances n’ont pas été des grooves inutiles. Nous avons fait un groove utile autour des concours d’éloquence, de meilleurs danseurs, de miss, etc. »

Mais l’ancien ministre, véritable chantre de la cohésion sociale, a ensuite livré une parabole saisissante qui éclaire toute sa démarche : « Si tu fais un voyage et que tu arrives dans un premier village sans vieux et fait seulement de jeunes, fuis ce village. Parce que tu dois te demander qu’est-ce que ces jeunes ont fait de leurs anciens. Si dans le deuxième village, tu trouves que des vieux sans les jeunes, fuis ce village. Enfin, le meilleur village de ton voyage sera celui qui réunira toutes les générations et c’est là tu devras t’arrêter. » C’est dans cette vision que s’inscrit le festival « Entre-Nous Akandais » : un pont jeté entre les âges, un espace où la mémoire des aînés nourrit l’élan des plus jeunes.

Un écho favorable auprès des visiteurs et une vision conforme à celle des autorités

L’écho de cette première édition a dépassé les frontières de la commune. Parmi la foule, Marc, un visiteur venu spécialement de Libreville pour l’occasion, confiait son enthousiasme : « Je suis venu pour voir ce que le Cap Estérias avait à offrir. Je suis reparti avec bien plus que ce que j’espérais. Ici, on ne vend pas seulement des objets, on vend une histoire, une fierté. C’est exactement ce dont le Gabon a besoin pour se reconstruire sur des bases solides. Félicitations à l’organisateur pour cette vision. » Ce témoignage résume le sentiment général d’une population avide de repères et de reconnaissance.

En favorisant le dialogue intergénérationnel et en mettant en lumière les talents locaux, le festival s’inscrit en droite ligne avec la vision des autorités de la 5ᵉ République, qui placent la cohésion sociale et la valorisation du patrimoine au cœur de leur projet de société. En ce sens, Jean-Marie Ogandaga, par cette initiative, ne fait pas seulement œuvre de mécène ; il agit en véritable bâtisseur d’une identité akandaise forte et rayonnante.

Un  rendez-vous désormais incontournable

Alors que les écoliers du Cap Estérias reprennent le chemin des classes, ils le feront avec dans leurs cartables non seulement des fournitures, mais aussi des souvenirs impérissables et la fierté d’appartenir à une communauté qui sait se rassembler et s’élever. La première édition du festival « Entre-Nous Akandais – Bye Bye Vacances » a tenu toutes ses promesses. Elle laisse présager un avenir radieux pour cette terre du nord de Libreville, riche de ses plages cristallines et de ses forêts luxuriantes, et désormais, de ses talents enfin révélés au monde

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page