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Négociations Russo -Ukrainiennes à Abou Dhabi : La paix en mode « Groundhog Day »

Alors que les bombes pleuvent, diplomates et émissaires rejouent la même pièce, un scénario qui commence à sentir le réchauffé.

Ce mercredi 4 février, l’élite diplomatique s’est à nouveau donné rendez-vous dans le chic désert d’Abou Dhabi pour un deuxième round de négociations sur l’Ukraine. Objectif affiché : trouver la paix. Ambiance réelle : un mélange profond de déjà-vu et de coups de théâtre guerriers soigneusement calibrés. Après un premier acte totalement spoiler fin janvier, l’espoir est si mince qu’il faudrait un microscope pour le voir.
 
Zelensky ajuste le tir (et la mèche)
Le ton a été donné avant même le premier café. Volodymyr Zelensky, après une série de cadeaux explosifs de Moscou ces derniers jours, a lâché : « Il apparaît que Moscou ne prend pas la voie diplomatique au sérieux ». Traduction : la délégation ukrainienne arrive avec des consignes « ajustées ». Lisez : probablement avec une marge de manœuvre réduite à la portion congrue et des dents un peu plus longues. Le message est clair : négocier, oui, faire semblant que tout va bien, non.
 
Le disque territorial rayé 
 
Au cœur du ballet diplomatique, une antienne bien connue : les territoires. La Russie campe sur ses positions, exigeant l’intégralité du Donbass. Une ligne rouge pour Kyiv, qui rappelle que sans un face-à-face direct Zelensky-Poutine, la question des frontières restera bloquée. En somme, on négocie à trois sur un sujet qui ne peut, selon l’un des protagonistes, se régler qu’à deux. La logique n’est décidément pas la priorité numéro un.
 
Trump, le grand optimiste
 
Dans un rôle de narrateur externalisé, le président américain Donald Trump a, lui, apporté sa touche personnelle à la veille des pourparlers. Affirmant une fois de plus que Vladimir Poutine « veut mettre fin à cette guerre », il a dépêché sur le terrain ses émissaires Steve Wikoff et Jared Kushner. Une déclaration qui contraste joliment avec le spectacle observé sur le terrain.
 
Pendant ce temps, sur le front…
 
Car pendant que les costards discutent sous les climats tempérés, la Russie fait montre d’une « accélération » pour le moins musclée. Après une trêve courte comme un crépuscule d’hiver, Moscou a envoyé dans la nuit de lundi à mardi une pluie de drones et un record de missiles balistiques, plongeant plusieurs villes dans le froid et l’obscurité. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre, les gains territoriaux russes ont même doublé en janvier. Une façon efficace de « créer des faits accomplis » avant de s’asseoir à la table des discussions.
 
 Négocier la paix, faire la guerre
 
Le spectacle est donc parfaitement rodé : d’un côté, des pourparlers où chaque mot est pesé au trébuchet ; de l’autre, une guerre qui s’intensifie à mesure que les diplomates parlent. Une stratégie du « gagner sur tous les tableaux » qui laisse songeur sur les réelles intentions de Moscou. À Abou Dhabi, on parle d’un cessez-le-feu. Sur le terrain, l’horloge tourne, et elle sonne l’heure des frappes. Le dialogue des sourds a rarement été aussi littéral.

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