Fonds Bleu pour le Bassin du Congo : le Gabon porte l’offensive de mobilisation des bailleurs à Brazzaville

Mardi 26 mai, Brazzaville a fait salle comble. En marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), la première table ronde des bailleurs du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo s’est tenue dans la prestigieuse salle présidentielle du Centre International de Conférences de Kintélé. Une occasion historique pour transformer les promesses politiques en financements concrets. Objectif : lever 5,32 milliards de dollars (soit plus de 3 000 milliards de francs CFA) afin de déployer 63 projets majeurs dans les 17 pays membres du mécanisme régional.


Sous le haut patronage du président Denis Sassou N’Guesso, cet événement marque une étape décisive dans la maturation du Fonds Bleu : le basculement des engagements politiques vers une capitalisation effective. C’est dans ce cadre ambitieux que le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris la parole. Loin d’un simple discours de circonstance, sa voix s’est imposée comme celle d’un acteur régional résolu, pleinement engagé aux côtés des pays du Bassin du Congo.
Un partenariat d’égal à égal, et non une demande d’assistance

D’entrée, le chef de l’État gabonais a rompu avec les codes habituels des sommets climatiques africains. « Nous ne sollicitons pas une aide. Nous proposons un partenariat fondé sur la confiance, l’attractivité comme levier, et la durabilité comme horizon. » Une déclaration qui pose les jalons d’une diplomatie économique offensive et assumée.
Le Gabon avance quatre projets phares, au service d’une doctrine de développement durable
Le Gabon a d’ores et déjà inscrit quatre projets structurants dans le portefeuille initial du Fonds Bleu : la gestion des conflits entre hommes et faune, la restauration des mangroves, la valorisation des produits forestiers non ligneux, et l’allocation durable des terres et des ressources en eau. Ces initiatives illustrent une ligne directrice constante : faire de la conservation un moteur de développement productif, et non une contrainte imposée de l’extérieur.

Le président Oligui Nguema a résumé l’équation sans détour : « Pendant trop longtemps, l’Afrique s’est vu demander de préserver davantage tout en se développant moins. Cette équation n’est plus soutenable. »
Une action cohérente, arrimée au Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030
La présence active du Gabon à Brazzaville ne relève pas d’un déplacement isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale continue, qui conjugue les engagements climatiques internationaux avec les priorités du Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030 : sortie progressive du modèle extractif, montée en puissance du secteur privé, et transition écologique comme levier de souveraineté.
Cette dynamique diplomatique prépare le terrain pour les échéances majeures à venir : prochaines COP, sommets de la BAD, et négociations sur la refonte de l’architecture financière internationale. Sur tous ces fronts, Libreville entend peser en s’appuyant sur ses ancrages régionaux solides – la CEMAC et la CEEAC pour le volet économique, la Commission Climat du Bassin du Congo pour l’environnement.

« Le temps des promesses doit laisser place au temps des réalisations »
C’est par cette formule forte que le président de la République a conclu son intervention, appelant à un passage accéléré de la parole aux actes. Le Fonds Bleu entre désormais dans sa phase opérationnelle. Et le Gabon, par la voix de son président, compte bien être au rendez-vous de l’action.



