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Bac 2026 : Près de 40 000 âmes en surchauffe, la machine à stress est en route

À environ trois semaines  du grand saut vers l’inconnu (ou vers le chômage, selon les statistiques), près de 40 000 jeunes Gabonais s’adonnent à leur passion favorite : la transpiration intellectuelle. Révisions en groupe, séances de coaching express et petits rituels de chance, l’armée des candidats est prête à en découdre avec le Saint-Graal du secondaire. Plongée au cœur d’une machine où l’enjeu est simple : décrocher le sésame, ou rejoindre le camp des « révisions à vie ».


Bac 2026 : Dans les caves de la connaissance, on joue sa vie sur un QCM

Finies, les siestes et les after à la plage. Dans les lycées de la capitale, l’ambiance est celle d’un bunker la veille d’un assaut. Les couloirs vibrent au son des feuilles froissées, des disputes métaphysiques sur Platon et des conseils de profs qui ressemblent à des prédictions astrologiques : « Misez sur la dissertation, ça a plus de chances de tomber que le commentaire composé. »

« On joue au loto avec les sujets, mais en version studieuse », lâche Orchée Mbazoghe, élève en Tle A1, avec l’assurance de celui qui a déjà coché les cases probables. Comme elle, des milliers de candidats jonglent entre les TD et les groupes WhatsApp, où l’on partage plus de fiches que de mèmes. Une méthode de survie collective où les profs, en chefs de fanfare, tentent de synthétiser un programme entier en trois jours.

Mais sous cette effervescence digne d’une ruche en crise, les stratégies divergent. Les mathématiques, ce mythe moderne, font trembler les uns et réjouissent les autres. « Non, les maths ne font pas peur à tout le monde. Moi, je me serais bien vu en S, pour briller en société », ironise Orchée. Son voisin, Emile Nambo, rétorque avec une franchise désarmante : « Les maths, c’est comme le covid, je les évite. Mais je vais y jeter un œil, histoire de gratter les points de la première question. » Une tactique du moindre effort, érigée en art de la débrouille.

L’accompagnement : le doudou des grands

Pour calmer les nerfs à vif, certains établissements jouent les psys de luxe. Christopher Mpiga, en Tle B, savoure : « La direction nous gave d’exercices et de sujets types. On est mâchés, ruminés, prêts à être recrachés le jour J. » Une bouée de sauvetage pour ceux qui n’ont pas à composer seuls face à leurs angoisses.

Dans la cour du Lycée Awassi, l’entraide frôle la thérapie de groupe. Abeme, Tle D, explique : « On a revisité la conférence tripartite, un vieux souvenir du premier trimestre. Et aussi la philo, parce qu’il faut bien paraître intelligent en société. » Une solidarité touchante, qui rappelle que dans la galère, on rame tous ensemble, ou on coule avec classe.

Objectif 100% : le mantra des chefs d’établissement

Pendant que les candidats suent sur leurs copies, les chefs d’établissement jouent les gourous du développement personnel. Fabrice Awassi, responsable d’un lycée, avoue en toute honnêteté : « L’examen, c’est la peur de l’échec, mais aussi celle de décevoir maman. On a des gosses de 15 ans qui ont l’air de porter le destin du pays sur leurs épaules. »

Sa solution ? Un discours rodé : « C’est juste un examen, les gars. Vous refaites ce qu’on vous a dit, et hop, 100% de réussite. » Une déclaration qui frôle l’incantation magique, mais qui a le mérite de rassurer. Après tout, si on ne vise pas la lune, on risque de rester dans la cour de récré.

À l’approche du 14 juillet, l’heure n’est plus à la réflexion, mais à la survie. Pour ces 40 000 jeunes, le bac n’est pas une fin, mais un sésame hypothétique vers un avenir radieux. En attendant, ils s’accrochent à leur stylo, leur dernière arme contre l’absurde.

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