Sénégal – Norvège : Les Lions face au défi Haaland, un « cyborg » qui hante les nuits dakaroises

Battus d’entrée par la France (1-3), les Sénégalais n’ont pas droit à l’erreur ce mardi face à la Norvège. Mais pour espérer voir les huitièmes, il faudra d’abord résoudre une équation nommée Erling Haaland. Le genre de problème qui donne des sueurs froides aux défenseurs et des idées noires aux supporters.


Si Pape Thiaw dort sur ses deux oreilles, il est sans doute le seul à Dakar. Depuis la démonstration norvégienne face à l’Irak (4-1), les réseaux sociaux sénégalais tournent en boucle les images d’un certain Erling Haaland. Et le spectacle n’a rien d’une comédie romantique.
Le « cyborg » – comme on l’appelle dans le milieu, faute de trouver un terme plus humain – a inscrit un doublé tranquille. Rien que de très banal pour celui qui plante des buts comme d’autres prennent leur café. Sauf que cette fois, c’est le Sénégal qui se retrouve sur sa route. Et les supporters de prier. Beaucoup. Peut-être même trop.
« Pas de plan anti-Haaland, plutôt anti-Norvège » : la méthode Thiaw
Interrogé sur la stratégie à adopter, le sélectionneur sénégalais a joué la carte de la sérénité affichée : « Pas de plan anti-Haaland. Plutôt un plan anti-Norvège. » La nuance est élégante. Elle permet surtout de ne pas passer trois jours à regarder en boucle les 38 buts du norvégien cette saison – ce qu’ont visiblement fait la plupart des supporters, si l’on en croit l’activité fébrile sur les groupes WhatsApp.
Pape Thiaw assure avoir « des défenseurs de très haut niveau » pour le job. Des défenseurs qui ont « disputé des compétitions de très haut niveau ». Et qui, espère-t-on, ne se transformeront pas en statues de sel devant le colosse scandinave.
Niakhaté, le spécialiste français du « Haaland stopper »
Heureusement pour les Lions, un homme sait comment s’y prendre. Moussa Niakhaté, aujourd’hui à Lyon, a croisé la route du norvégien à sept reprises. Bilan : quatre matches sans encaisser de but. De quoi lui valoir un statut de témoin privilégié, voire de gourou, dans la préparation sénégalaise.
« Il ne lui faut pas trois occasions pour marquer. Il est très adroit, que ce soit de la tête ou du pied. C’est un finisseur puissant, pas forcément un dribbleur », prévient le défenseur dans les colonnes de L’Équipe. La recette ? « Le coller dans la surface plus qu’un autre attaquant, car il faut à tout prix l’empêcher de sauter. »
Plus facile à dire qu’à faire, quand on sait que le bonhomme mesure 1,95 m et semble capable de défier les lois de la gravité, façon Cristiano Ronaldo au second poteau.
93 % de ses buts dans la surface : le salon du cyborg
Le chiffre donne le vertige : 93 % des buts d’Haaland en carrière ont été inscrits dans la surface de réparation. Autant dire que si les Sénégalais l’autorisent à s’installer dans son salon, ils pourront directement commander les billets de retour.
Son pied gauche a fait mouche à 28 reprises cette saison. Sa tête, que certains croyaient son point faible, représente 16 % de ses réalisations – un pourcentage qui a augmenté, comme pour rappeler que le monstre peut aussi s’améliorer.
Et Sørloth ? Le « clone » dont personne ne parle
Ah, et on a failli oublier : Haaland a un acolyte. Alexander Sørloth, 1,94 m lui aussi, a inscrit 19 buts avec l’Atlético Madrid cette saison. Deux tours de contrôle pour une seule défense sénégalaise qui, il y a quelques jours, avait déjà du mal à contenir Kylian Mbappé, auteur d’un doublé face aux Lions.
Le Sénégal au pied du mur ? L’expression semble presque trop douce. Face à ce duo de géants scandinaves, les Lions devront sortir leur meilleur jeu. Et peut-être, aussi, une ou deux prières en plus.
Ce Mardi , sur le terrain de Düsseldorf, on saura si Pape Thiaw a raison de croire en ses défenseurs. Ou si le « cyborg » norvégien va transformer la défense sénégalaise en pièce de musée



