
114e sur 179 pays. Le chiffre peut sembler modeste. Il cache pourtant une rupture historique : pour la première fois depuis des années, le Gabon ne recule plus dans le classement mondial de la démocratie. Selon le rapport 2026 de l’institut suédois V-Dem, référence internationale en la matière, le pays est officiellement retiré de la liste des nations qui s’éloignent de la démocratie. Mieux encore, il figure parmi les quatre « bonnes nouvelles » mondiales, aux côtés du Liban, de l’île Maurice et de la Corée du Sud .

Une reconnaissance internationale qui change la donne
Chaque année, l’institut Varieties of Democracy (V-Dem) évalue l’état de la démocratie dans près de 200 pays, en s’appuyant sur des millions de données utilisées par chercheurs, organisations internationales et chancelleries du monde entier .
Cette année, le constat général est sombre : la démocratie perd du terrain partout, y compris aux États-Unis. Dans ce contexte, le Gabon fait figure d’exception . Sa progression est attribuée par V-Dem aux élections organisées en 2025 et au retour à un pouvoir civil après la Transition . Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu parole : élections organisées, pouvoir rendu aux civils. Le monde l’a noté .
À contre-courant d’une Afrique subsaharienne en crise
Le contraste est saisissant à l’échelle du continent. Cette année, douze pays d’Afrique subsaharienne s’éloignent de la démocratie, un chiffre record. Le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Togo figurent parmi les pays en recul. Le Gabon, lui, prend le chemin inverse .
Selon V-Dem, le Gabon rejoint même la liste très courte des trois seuls pays au monde susceptibles de devenir prochainement des « démocraties en progrès », avec le Tchad et la Corée du Sud . Une distinction qui place le pays dans une dynamique inédite de redressement démocratique.
Un progrès reconnu, mais encore fragile
« Le Gabon remonte la pente. Il part de très bas, et il le sait », soulignent les experts. Ce n’est pas encore une grande victoire, mais c’est le début d’un chemin . Le rapport V-Dem appelle d’ailleurs à la prudence : ces redressements peuvent ne pas durer. La Zambie, après avoir progressé, a recommencé à reculer. Le Gabon doit désormais consolider ces acquis et transformer ce signal positif en trajectoire durable .
Une nouvelle image pour le pays
Les travaux de V-Dem sont largement utilisés par les bailleurs de fonds, les diplomates et les observateurs internationaux. Pour le Gabon, cette évolution constitue un signal fort à destination des partenaires internationaux, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de poursuivre les réformes institutionnelles engagées depuis le 30 août 2023 .
« Le monde nous regarde changer. Ce n’est pas de la communication. Ce sont des faits vérifiés, mesurés, publiés par une institution que personne ne peut contester », résume un analyste. Le prochain défi : faire du rapport V-Dem 2026 le point de départ d’une consolidation démocratique profonde et durable .



