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Coupe du monde 2026 : la France déroule (enfin) un tapis rouge vers les huitièmes, pendant que les autres grands s’échinent

Si les Bleus avaient décidé de jouer au chat et à la souris, la Suède n’aurait même pas vu le pelage. Mardi soir, sous une chaleur à faire fondre un Viking, l’équipe de France a offert une démonstration de maîtrise (3-0) qui confine presque à l’ennui tellement c’était facile. Prochain rendez-vous : le Paraguay, qui a dû regarder ce match en se demandant s’il n’aurait pas préféré affronter l’Allemagne une seconde fois.

Pendant que les autres ténors du mondial s’épuisaient en sueurs froides, en prolongations et en prières pour arracher leur billet pour les huitièmes – comme si le sort s’amusait à leur faire payer chaque centime de leur statut –, l’équipe de France, elle, a pris son temps. Une petite entame timide, histoire de ne pas faire trop peur, puis une montée en régime tranquille, presque nonchalante. Et la Suède dans tout ça ? Réduite à un rôle de sparring-partner en sueur, alignée en 4-4-2 compact, mais tellement compact qu’elle en est devenue invisible.

Mbappé, Barcola et les poteaux : le spectacle total (et un peu cruel)

EAST RUTHERFORD, NEW JERSEY – JUNE 30: Kylian Mbappe #10 of France celebrates scoring his team’s third goal during the FIFA World Cup 2026 Round Of 32 match between France and Sweden at New York New Jersey Stadium on June 30, 2026 in East Rutherford, New Jersey. Al Bello/Getty Images/AFP (Photo by AL BELLO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Car il faut le dire, les Suédois ont souffert. Pas tant par méchanceté des Bleus, mais par simple différence de catégorie. Digne (15e), Barcola (19e) et Mbappé (20e, mais hors-jeu d’une épaule – l’arbitre a dû sortir le rapport d’ingénierie biomédicale) ont donné le ton. Puis vint la malédiction des poteaux : Mbappé (32e) et Olise (36e) ont trouvé le moyen de transformer les montants en véritables gardiens suédois bis. La reprise acrobatique d’Olise, digne d’un Oscar du plus beau geste inutile, méritait un autre sort. Mais le football, comme le destin, a parfois le sens de la blague.

Et c’est justement au moment où l’on s’apprêtait à critiquer un 0-0 aussi frustrant qu’injuste que Mbappé, en capitaine prévoyant, a décidé de régler la mire. Corner joué court, petit crochet dans la surface, et le gardien Widell Zetterström, qui avait jusqu’ici profité du spectacle, a dû se rappeler qu’il était là pour travailler (45e). 1-0, logique implacable. La Suède, déjà à l’agonie, n’avait plus qu’à espérer une miraculeuse baisse de régime française.

Le break, la punition et le Paraguay en prière

La reprise n’a fait que confirmer la correction. Olise, décidément généreux, a offert sur un plateau un caviar à Barcola, qui n’a pas eu la grossièreté de refuser (52e). 2-0, et la Suède, jusque-là muselée comme jamais, a compris que son voyage en Australie pouvait se terminer par une visite guidée des vestiaires.

Quant au troisième but, il a scellé une soirée où la France a non seulement gagné, mais aussi envoyé un message : « Nous, on ne tremble pas. » Un luxe que n’ont pas connu l’Espagne, le Brésil ou l’Angleterre, tous passés par un chemin de croix. Mais le danger viendra peut-être du Paraguay, cette Albirroja taiseuse qui a déjà éliminé l’Allemagne en se riant des pronostics. Vu ce qu’ils ont vu mardi, ils doivent maintenant savoir que la montagne n’est pas allemande, elle est bleue, et elle a un capitaine nommé Mbappé.

Alors, samedi prochain à Philadelphie (21h TU), les Paraguayens joueront peut-être leur match le plus important. Mais après ce récital français, on les imagine déjà en train de googler : « Comment arrêter un phénomène ? » – sans grand espoir de réponse.

Si la France continue sur ce rythme, la seule inquiétude pourrait venir des poteaux, qui, eux, ont déjà un doublé au compteur. Et si la Suède, elle, repart avec une seule certitude : jouer à onze contre cette équipe, c’est déjà trop peu.

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