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Coupe du monde 2026 : l’Espagne décroche sa deuxième étoile (et l’Argentine, un boulet) au terme d’une finale qui avait tout du cours particulier

Et à la fin, c’est Ferran Torres qui marque. Mais avant ça, il a fallu patienter 106 minutes, une mi-temps show longue comme un téléfilm, et une équipe argentine tellement absente qu’on aurait juré qu’elle avait pris le mauvais avion.

Au terme d’une finale à sens unique – un sens que l’Argentine n’a jamais trouvé, d’ailleurs – l’Espagne a enfin matérialisé sa supériorité aérienne, terrestre et statistique. Ferran Torres, digne héritier d’Iniesta (même numéro de maillot, même geste, même minute approchante), a libéré la Roja d’une domination qui commençait à devenir gênante pour ses adversaires. Son but à la 106e, sur une tête de Nico Williams, offre à l’Espagne une deuxième étoile, seize ans après la première. On notera au passage que le FC Barcelone, en crise perpétuelle, parvient tout de même à fournir les héros des finales de Coupe du monde. Mystère.

Un spectacle en deux temps : 27 minutes de Madonna, 90 minutes de somnolence

Après deux finales à six buts (2018, 2022) qui avaient transformé les spectateurs en boulimiques de l’action, celle-ci est revenue aux sources : un 1-0, une défense de fer, et une attaque argentine portée disparue. Mais rassurez-vous, le show avait lieu ailleurs. À la mi-temps, Madonna a enflammé le stade aux côtés de Ronaldo, Ronaldinho et Shakira, offrant aux 1,5 milliard de téléspectateurs ce qu’ils étaient venus chercher : du clinquant, du bruit, et des souvenirs de 2010.

Sur le terrain, en revanche, le réveil fut brutal. Une frappe de Lamine Yamal à la 5e, une autre d’Oyarzabal à la 39e, et puis plus rien. L’Argentine, elle, n’a pas tiré une seule fois en temps réglementaire. Pas une. Comme si Messi et ses coéquipiers avaient confondu la pelouse avec un salon d’attente.

Dibu Martinez, seul homme-orchestre d’une Argentine fantôme

Sans Emiliano Martinez, l’Albiceleste rentrait à la maison avec un score digne d’une humiliation. Le gardien a multiplié les parades miracles (Baena, Rodri, Williams), seul capable de maintenir son équipe dans un match qu’elle ne méritait pas. Mais même les miracles ont une date de péremption : l’expulsion d’Enzo Fernandes à la 90e minute a achevé de convaincre les derniers optimistes.

Quant à Lionel Messi, l’homme des retournements de situation, il était sur le terrain. On nous l’a juré. On l’a même cherché, sans succès, dans les ralentis. Capable de disparaître aux heures de pointe, il a offert une performance de magicien : faire croire à sa présence sans jamais y être. Une sortie en apothéose pour le plus grand de tous les temps, qui a vécu son dernier Mondial comme un figurant dans son propre film.

Une Espagne souveraine, invaincue sur 38 matches, et un record qui fait sourire

Les chiffres sont éloquents : un seul but encaissé dans tout le tournoi, 38 matches sans défaite, une possession de balle digne d’une séance de tortue, et une finale où l’adversaire a touché le cuir comme on touche un fer chaud. Mais ce qui frappe le plus, c’est l’ironie de ce match : l’Espagne a gagné à l’usure, contre une Argentine qui croyait en sa bonne étoile, sans savoir qu’elle était éteinte depuis le coup d’envoi.

Alors oui, le but de Torres n’était pas « le sien », comme il l’a dit, mais celui de 47 millions d’Espagnols. Et celui de quelques millions d’observateurs amusés de voir que, parfois, le football récompense ceux qui le jouent, et punit ceux qui le regardent passer.

Leçon du jour : pour gagner une Coupe du monde, il faut un gardien surhumain, un héros au bon moment, et un adversaire qui n’a pas lu la stratégie. L’Argentine a fourni le troisième ingrédient avec un talent rare. Merci à elle.

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