
Alors que la polémique enfle sur l’accueil du Président gabonais par la ministre française de la culture, le juriste Peter Stephen ASSAGHLE invite à calmer le jeu. Pour lui, loin d’un camouflet, cette séquence obéit à des règles diplomatiques strictes que les critiques ignorent. Il plaide pour une lecture éclairée des codes, seule à même de distinguer l’affront supposé de l’interprétation émotionnelle.
À son arrivée en France dans le cadre de sa visite d’État, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a été accueilli à l’aéroport par la ministre française de la Culture. Cette séquence, largement relayée par les médias officiels gabonais, a suscité de vives réactions. De nombreux Gabonais ont poussé des cris d’orfraie, y voyant un manque de considération à l’égard du chef de l’État.
Seulement, avant de s’indigner, il est toujours utile de connaître les règles du protocole diplomatique.
Le fait qu’un chef d’État soit accueilli à son arrivée par un ministre ne constitue ni un affront ni un manque de considération. Dans les visites d’État, l’accueil à l’aéroport est souvent assuré par un membre du gouvernement spécialement désigné. Le véritable accueil officiel intervient ensuite au palais présidentiel, avec les honneurs militaires, les entretiens entre chefs d’État et les cérémonies prévues par le protocole.
En diplomatie, chaque geste est codifié. Ce qui peut paraître surprenant au grand public est souvent parfaitement conforme aux usages.
Avant de conclure à une humiliation ou à un manque de respect, prenons le temps de vérifier les règles qui gouvernent les relations entre les États. La diplomatie est un langage de symboles, mais ces symboles obéissent à des codes précis, et non aux impressions du moment.
Bref. S’informer est un devoir. Vérifier est une preuve de sagesse. Car, bien souvent, la connaissance est le meilleur antidote à l’ignorance.
Dr. Peter Stephen ASSAGHLE.



