Le Gabon débarque au Québec pour transformer la pollution en pactole vert

Et si les entreprises québécoises pouvaient littéralement « acheter » un morceau de la forêt gabonaise pour blanchir leur bilan carbone ? C’est la proposition audacieuse qu’est venue porter Libreville à Montréal, à l’occasion de la 4e édition de DÉCADRA.



Le 4 novembre dernier, l’ESG UQAM a réuni le gratin du management autour d’un thème ambitieux : « Dessiner de nouveaux terrains de jeu ». Et parmi les invités triés sur le volet, aux côtés de la PDG d’Hydro-Québec et du recteur de l’UQAM, un homme a crevé l’écran : Son Excellence Alexis Bengone, ambassadeur du Gabon au Canada.
Un diplomate venu vendre une vision, pas faire de la figuration
Venu tout spécialement d’Ottawa, l’ambassadeur n’avait rien d’un invité décoratif. Portant la voix du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, il a déroulé le Programme national de croissance et de développement (PNCD), la nouvelle feuille de route économique du pays. Mais c’est sur un sujet bien précis que son intervention a fait mouche : le crédit carbone.
Le pitch ? Simple et redoutablement efficace. Les entreprises qui polluent peuvent désormais compenser leur empreinte en « achetant » une part de la protection des forêts gabonaises. Avec l’un des taux de couverture forestière les plus élevés de la planète, le Gabon se pose ni plus ni moins comme un acteur incontournable de la transition écologique mondiale.
Montréal-Libreville : un pont qui rapporte
Pour le Gabon, l’équation est limpide : valoriser son patrimoine naturel tout en attirant des investisseurs étrangers. Pour le Québec, c’est une porte d’entrée stratégique vers de nouveaux partenariats en Afrique. Un deal gagnant-gagnant, en somme.
Et l’ambassadeur Bengone n’a pas fait les choses à moitié : il a joué pleinement son rôle de facilitateur entre Libreville et le milieu des affaires québécois. Preuve, s’il en fallait, que la diplomatie gabonaise au Canada ne se contente plus de représenter, elle va désormais chercher la croissance, activement.
L’humain derrière les chiffres
Car au-delà des opportunités d’affaires, cette journée a rappelé une évidence trop souvent oubliée : l’économie, c’est avant tout une affaire de rencontres. La présence du président de Croissance Saine Environnement (CSE), deuxième Questeur du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel du Gabon, et lui-même diplômé de l’ESG UQAM, incarne à elle seule ce pont vivant entre l’Afrique et le Canada.
Alors que le monde de la gestion cherche à se réinventer, le Gabon vient peut-être de dessiner, à Montréal, le nouveau terrain de jeu où écologie et économie cessent enfin de s’opposer pour jouer dans la même équipe.



