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Cuba à court d’essence : quand l’avion fait le plein à l’arrêt de bus

C’est officiel : à partir de ce lundi minuit, les avions qui atterrissent à Cuba devront faire le plein… ailleurs. Les autorités cubaines viennent en effet d’annoncer aux compagnies aériennes que le kérosène sera en pause pendant un mois. Motif invoqué : une « légère » crise énergétique, due à un petit différend géopolitique avec le grand voisin du Nord.
 
« L’avitaillement en JetFuel sera suspendu à partir du 10 février », a confié sous anonymat un responsable d’une compagnie européenne, visiblement ravi à l’idée d’ajouter une escale technique imprévue dans les Caraïbes. Une mesure qui, selon la même source, « ne concernera que les vols long-courrier ». Les petits avions régionaux, eux, pourront continuer à jouer les acrobates en espérant trouver une goutte de carburant à l’aéroport.
 
Interrogée par L’AFP , Air France a confirmé que ses vols seraient maintenus, avec une petite pause ravitaillement chez un voisin – une sorte de pique-nique technique entre deux cocotiers.
 
Comment en est-on arrivé là ?
 
Tout a commencé quand le Venezuela, sous pression américaine, a cessé d’envoyer son pétrole à Cuba. Puis Washington a gentiment prévenu qu’il taxerait tout pays osant vendre du carburant à l’île rebelle. Donald Trump, dans un élan de créativité diplomatique, a même signé un décret autorisant des droits de douane contre les « complices » de La Havane. Le Mexique, fournisseur depuis 2023, aurait déjà plié bagage.
 
Face à cette « asphyxie programmée » – pour reprendre les termes cubains – le gouvernement local a sorti son plan B : la semaine de quatre jours, le télétravail obligatoire, et des restrictions sur les ventes d’essence. Sans oublier la réduction des transports interprovinciaux et la fermeture de certains hôtels. Les universités passeront en semi-présentiel, histoire de ne pas trop fatiguer les groupes électrogènes.
 
« Tout cela nous permettra d’économiser du carburant pour des activités prioritaires, comme la production de nourriture et d’électricité », a expliqué le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, visiblement très inspiré par l’esprit de débrouille cubain.
 
Et la justification américaine dans tout ça ?
 
Washington invoque une « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale, venue d’une île située à 150 km de la Floride. De quoi faire frémir, si on oublie que ladite île est surtout occupée à gérer des coupures de courant et des files d’attente devant les stations-service.
 
En attendant, les compagnies aériennes sont priées de s’adapter. Certains parlent déjà d’un nouveau créneau touristique : l’ « escale technique surprise », une façon originale de découvrir les Caraïbes… le temps de faire le plein.

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