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Cameroun: Coup d’envoi de la saison des casseroles d’Issa Tchiroma Bakary depuis Banjul

Depuis son exil doré à Banjul, l’opposant camerounais Issa Tchiroma Bakary n’a pas rangé la vaisselle. Bien au contraire. Le leader du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) vient d’ajouter un ingrédient inattendu à la contestation électorale : le concert de casseroles hebdomadaire.

Dans un message solennel délivré ce mercredi 25 mars, l’éternel ministre et candidat autoproclamé vainqueur de la présidentielle du 12 octobre 2025 a donné ses nouvelles instructions. Désormais, chaque samedi à 20 heures précises, il invite ses compatriotes à transformer leur cuisine en salle de concert. Pendant cinq minutes, poêles, couvercles et assiettes devront s’entrechoquer pour, selon ses mots, « affirmer la vérité des urnes ».
L’opération, qui mêle résistance politique et symphonie culinaire, sera coordonnée par le Conseil pour la souveraineté du Cameroun (CSC), une structure que M. Tchiroma présente comme le « Parlement du peuple ». On ignore encore si des députés fantômes siégeront à côté des éviers.
À près de six mois d’un scrutin que le Conseil constitutionnel camerounais a pourtant soldé par une victoire confortable du président Paul Biya — plus de 60 % des voix —, l’opposant, installé en Gambie, maintient son récit d’une élection volée. Le bruit des casseroles, espère-t-il, portera jusqu’à Yaoundé sa revendication d’un retour au bercail pour gouverner.
Si l’efficacité politique de la méthode reste à prouver, elle a au moins le mérite d’offrir une partition qui ne manque pas de rythme. Dans un pays où la contestation peine souvent à se faire entendre, la consigne est claire : faire du bruit, même avec peu de moyens. Mais au-delà de la cacophonie annoncée, beaucoup de Camerounais s’interrogent déjà sur la valeur nutritive d’une opposition qui, après avoir perdu aux urnes, mise désormais sur la batterie de cuisine pour rester dans le coup.



