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L’UA réclame deux fauteuils dans le ciel de l’ONU : « Après tout, nous avons bien eu le G20 »

Lors d’une réunion ministérielle organisée en marge du sommet Afrique-France à Nairobi, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a poliment rappelé aux grandes puissances que l’Afrique aussi aimerait bien avoir son mot à dire dans les grandes décisions mondiales. Histoire de ne pas rester éternellement dans les couloirs.
« L’Afrique ne demande pas une faveur », a-t-il déclaré avec un calme admirable. « Elle exige la correction d’une injustice historique. » Entendons par là : comment se fait-il qu’un continent d’un milliard et demi d’habitants et de cinquante États souverains n’ait pas droit à une petite chaise permanente, alors que d’autres ont la leur depuis une époque où personne n’avait encore entendu parler de la pilule contraceptive ou du smartphone ?
Conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte — deux textes que personne ne cite à la machine à café du Conseil de sécurité — l’UA estime qu’il lui faudrait au minimum deux sièges permanents, avec le précieux droit de veto « tant qu’il existe », précise la note. Une clause pleine d’espoir et de délicatesse, qui laisse entendre que si le véto venait à disparaître, on pourrait peut-être revoir les modalités.
 
Mahmoud Ali Youssouf a tenu à remercier chaleureusement la France, le Kenya et la Sierra Leone pour leur soutien à ce « modèle africain ». On ignore encore si ce modèle inclut des fauteuils plus confortables que les actuels tabourets des membres non permanents, mais on imagine volontiers une petite touche de wax sur les accoudoirs.
 
« La crédibilité du Conseil de sécurité dépend de sa capacité à refléter les réalités du monde d’aujourd’hui, et non l’ordre géopolitique de 1945 », a-t-il conclu, citant l’entrée de l’UA au G20 comme preuve que les institutions mondiales peuvent évoluer, certes à la vitesse d’un escargot mélancolique, mais enfin elles peuvent.
 
Le Conseil de sécurité, rappelons-le, n’a pas changé de casting depuis 1965. Cinq membres permanents — États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine — disposent du veto, ce petit tampon magique qui permet de dire « non » à tout, surtout quand on n’a pas envie d’entendre parler du reste du monde. L’Afrique, elle, continue à patienter dans le hall, un dossier sous le bras, souriante et courtoise, comme il se doit.

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