
L’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze est incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis le 16 avril 2026. Derrière les barreaux, son cas alimente un débat qui dépasse désormais sa seule personne : celui de l’indépendance de la justice gabonaise.
Dans une tribune publiée ces derniers jours, Michel Ongoundou Loundah, ancien sénateur de la Transition et président du parti d’opposition « Réagir », pose une question qui n’épargne pas les autorités : la justice est-elle devenue un instrument de neutralisation politique ?
Un dossier vieux de dix-huit ans
L’argument central de l’ancien parlementaire tient en une chronologie. Les faits reprochés à Bilie-By-Nze remonteraient à 2008. Pendant dix-huit ans, selon lui, « sans plainte effective, sans convocation, sans procédure active, sans urgence judiciaire », rien ne s’est passé. Ce n’est qu’après l’élection présidentielle de 2025, alors que l’ex-chef du gouvernement incarnait une figure montante de la critique du pouvoir, que le dossier a été « réactivé ».
« Lorsqu’un pouvoir commence à utiliser la justice comme instrument de neutralisation politique, ce n’est plus seulement un homme qui est menacé. C’est l’État lui-même qui commence à vaciller », écrit Ongoundou Loundah.
Un homme qui « connaît les archives »



