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Gabon: L’Assemblée sort le grand jeu (et quatre chaises par syndicat) pour sauver l’école
Alors que les cahiers prennent la poussière et que les profs font grève depuis des semaines, le Palais Léon Mba se transforme en studio de médiation en direct. Avec sièges limités et suspense garanti.

C’est l’heure du grand spectacle parlementaire ! Alors que le secteur éducatif gabonais ressemble à un DVD en pause depuis début janvier, le Président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a décidé de passer à l’acte. Ce lundi, direction la salle Jonas Ovono Assoumou pour une séance de désensablage en haute définition.
Après avoir nommé Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi en super-médiateur, le Bureau de l’Assemblée, « l’institution représentant le peuple », a estimé que le peuple, justement, aimerait bien que ses enfants retournent en cours. Objectif affiché des échanges prévus à 10h pile : trouver « une sortie de crise » par le dialogue. Un concept révolutionnaire qui n’avait, semble-t-il, encore été tenté nulle part ailleurs.
Mais pas question d’un barnum. Pour des « raisons d’organisation » – comprenez : probablement le nombre de biscuits et de tasses disponibles –, chaque syndicat est prié de se limiter à quatre représentants. Quatre. Comme les mousquetaires, mais avec moins de cape et plus de revendications salariales. Une jauge très intimiste pour une crise qui concerne des milliers de personnes.
Cette convocation solennelle intervient alors que les négociations entre le gouvernement et les syndicats tournent en rond depuis si longtemps qu’elles ont creusé un ravin. L’Assemblée tente donc une médiation directe, un peu comme quand votre tante s’interpose dans une dispute de couple lors d’un repas de famille : l’intention est noble, mais tout le monde retient son souffle.
Le suspense est à son comble. D’autant que la base syndicale a posé, samedi, une condition sine qua non pour la reprise : la libération de Marcel Libama et Simon Edzo, deux leaders syndicaux actuellement hébergés aux frais de la République à la prison centrale de Libreville. Un détail qui pourrait légèrement entacher l’ambiance « dialogue apaisé » autour de la table.
Rendez-vous est donc pris pour ce lundi. Avec ou sans popcorn, l’issue de cette audience est très attendue. Le pays retient son cahier.



