
Le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, a bouclé ce dimanche une mission de trois jours dans la province de l’Ogooué-Maritime. Entre Port-Gentil et Omboué, le membre du gouvernement a scruté les capacités des infrastructures stratégiques, lancé le débarquement d’une campagne exploratoire menée par un armement marocain et visité un projet aquacole privé. Autant d’étapes qui confirment une feuille de route claire : faire de la pêche un pilier de l’économie bleue nationale.

L’Ogooué-Maritime, première province productrice de produits halieutiques du Gabon, était sous haute attention ces derniers jours. Du 24 au 26 avril, Aimé Martial Massamba, ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, s’y est rendu pour une mission de suivi direct des activités du secteur. L’objectif : évaluer sur le terrain la mise en œuvre de la politique gouvernementale de promotion de l’économie bleue, voulue par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Des équipes locales mobilisées

La tournée a débuté à Port-Gentil par une séance de travail à la Direction provinciale des pêches et de l’aquaculture. Le ministre a écouté les agents sur le terrain, passé en revue les goulots d’étranglement et réaffirmé les priorités : modernisation des contrôles, appui aux filières locales et sécurisation des débarcadères.
“Les équipes provinciales sont en première ligne. Leur donner les moyens d’agir, c’est la condition sine qua non pour que la politique nationale prenne tout son sens”, a souligné le ministre devant ses collaborateurs.
Dans les cales d’un opérateur marocain : le pari des crustacés

Moment fort de la mission : la visite du centre de pêche de Port-Gentil et la participation aux opérations de débarquement des navires d’ASTIPECHE, un armement marocain. Ce dernier vient d’achever une campagne exploratoire de six mois dans la Zone Économique Exclusive (ZEE) gabonaise, ciblant les crustacés de fond.
Le ministre a pu constater en direct les capacités de débarquement et de stockage du partenaire privé. “Cette expérience nous renseigne sur le potentiel réel de notre ZEE. Il faut transformer ces données en contrat durable”, a-t-il déclaré, laissant entendre qu’un partenariat public-privé (PPP) structurant pourrait naître de cette phase exploratoire.
À Omboué, l’aquaculture comme relai de croissance


La mission s’est ensuite déplacée à Omboué, où Aimé Martial Massamba a inspecté les installations du projet aquacole de la Fondation Ozoungue (Terre et Eau). Cette unité, dédiée à l’élevage de poissons, illustre selon lui “une voie d’avenir pour sécuriser l’approvisionnement local et réduire la pression sur la ressource sauvage”.
La brigade de pêche et le centre local ont également reçu la visite du ministre, qui a pris la mesure des besoins en équipements et en formation. “Il ne s’agit pas seulement de produire plus, mais de produire mieux, avec des circuits tracés et une traçabilité irréprochable”, a-t-il insisté.
Le gouvernement accélère : dialogue renforcé et PPP en ligne de mire
En achevant sa tournée, le ministre a martelé trois axes : renforcer le suivi des infrastructures stratégiques, consolider le dialogue avec tous les acteurs (pêcheurs artisanaux, industriels, aquaculteurs) et favoriser l’émergence de partenariats public-privé ambitieux.
Cette mission s’inscrit dans une dynamique nationale : elle fait suite, a-t-il rappelé, à celle menée en mars dernier dans les provinces de l’Estuaire, du Moyen-Ogooué et de la Ngounié. “Le chef de l’État nous a donné une feuille de route claire : faire de la mer la nouvelle frontière de notre développement. Nous y travaillons sans relâche”, a conclu Aimé Martial Massamba.
La volonté du gouvernement ne fait plus aucun doute : le Gabon veut sa souveraineté halieutique, et compte sur l’économie bleue pour y parvenir.



