
Prévus vendredi 8 mai dernier , les examens des recours de l’ancien Premier ministre n’ont pas eu lieu. Le parti Ensemble Pour le Gabon dénonce un renvoi suspect et des formalités jamais accomplies. Au cœur du malaise : le principe du contradictoire, mis à l’épreuve.
La chambre d’accusation devait trancher, vendredi, deux questions judiciaires sensibles concernant Alain-Claude Bilie-By-Nze, actuellement placé sous mandat de dépôt : la contestation de cette ordonnance et le rejet de sa demande de mise en liberté provisoire.
Rien de tout cela n’a eu lieu.
Dans un communiqué publié ce samedi 9 mai, son parti, Ensemble Pour le Gabon (EPG), affirme que les dossiers ont été renvoyés au 12 mai 2026 – une décision officiellement motivée par la nécessité de « notifier les mémoires à la partie civile, à la diligence du Ministère public ». Sauf que, selon l’EPG, à l’heure où nous écrivons, cette notification n’a toujours pas été effectuée par le Procureur général.
Le principe du contradictoire au cœur des critiques
Le parti dirigé par les soutiens de l’ex-Premier ministre ne cache pas sa gravité :
« Cette situation soulève de sérieuses interrogations quant au respect effectif du principe du contradictoire, pourtant au fondement de tout procès équitable et de toute justice impartiale. »
L’EPG ne se contente pas d’un simple retard procédural. Il y voit une entorse aux garanties fondamentales, dans un dossier placé sous le feu des projecteurs nationaux et internationaux.
Chaque jour qui passe sans que la défense puisse voir ses recours examinés, chaque formalité inexpliquée – accuse le parti – « alimente inévitablement le doute sur la sérénité et l’impartialité de la procédure ».
« C’est la crédibilité de l’État de droit qui est mise à l’épreuve »
Au-delà du sort d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, Ensemble Pour le Gabon élève le débat :
« C’est la crédibilité même de l’État de droit qui se trouve mise à l’épreuve. »
L’appel lancé à la chambre d’accusation est sans ambiguïté : que le droit soit dit « sans considérations politiques, sans pression et sans instrumentalisation des institutions judiciaires ».
Le parti met également en garde contre une tentation qu’il estime dangereuse pour l’avenir du pays :
« Le Gabon ne peut durablement construire sa stabilité sur l’affaiblissement des libertés publiques, sur la fragilisation des garanties judiciaires ou sur la mise à l’écart des voix dissidentes. »
Mobilisation au calme, mais vigilance de mise
En cette veille de la séance du 12 mai 2026, l’EPG dit compter sur la « conscience, la responsabilité et l’indépendance » des magistrats.
Le parti invite ses militants, sympathisants et tous les citoyens attachés à l’État de droit à rester calmes, vigilants, et au respect scrupuleux des lois de la République – une consigne qui sonne à la fois comme une discipline interne et un avertissement implicite en cas d’aggravation du blocage.
À cette heure, aucune réaction officielle du Parquet général ou de la chambre d’accusation n’a été communiquée. L’opinion observe. Ce 12 mai sera, quoi qu’il en soit, un test de transparence pour la justice gabonaise.



