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Centenaire de Me Abdoulaye Wade : Le « Bâtisseur » fête ses 100 ans, le Sénégal s’arrête (presque) pour lui

Ce 4 juin 2026, le Sénégal offre à Abdoulaye Wade un cadeau à la hauteur de son ego – hommage national, concert géant et colloque international. Deux jours de célébrations pour un homme qui, à 100 ans, continue d’incarner à lui seul l’histoire politique du pays.

Il aura attendu cent ans. Et le Sénégal, fidèle au rendez-vous, célèbre ce jeudi 4 et vendredi 5 juin 2026 celui qu’on appelle désormais « le Bâtisseur » – un surnom affectueux que l’intéressé n’a probablement pas imposé lui-même, même si on l’imagine mal le contester.

Au programme de ce centenaire hors normes : du lourd, du très protocolaire, et même un brin de liesse populaire. Tout commence ce jeudi à 9 heures au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, sous le regard bienveillant (et officiel) du chef de l’État en exercice. La République, dans sa grandeur, salue celui qui fut président de 2000 à 2012, le temps d’avoir lancé des chantiers dont on parle encore – et quelques réformes dont on parle aussi, mais autrement.

Petite astuce du comité d’organisation, conscient que la salle ne suffira pas à contenir la foule des admirateurs (et des curieux) : un chapiteau climatisé sur l’esplanade retransmettra la cérémonie en direct. Parce qu’une célébration nationale se vit mieux à l’ombre et au frais, surtout pour un centenaire qui a connu des étés politiques autrement plus chauds.

L’après-midi, les habits de cérémonie laissent place au pagne et au boubou. À 16 heures, la culture prend le pouvoir. Et pour soulever la jeunesse dakaroise – celle-là même qui n’a pas toujours connu Wade, mais qui adore danser – rien de tel qu’un concert gratuit de Wally Ballago Seck. Symbole d’une certaine continuité, l’artiste à la voix d’or sera l’ambassadeur musical d’un ancien président qui, paraît-il, aurait aimé lui aussi avoir le rythme dans la peau – mais plutôt celui des grands chantiers.

Vendredi 5 juin, place aux idées. Colloque scientifique au titre imparable : « La pensée du Président Abdoulaye Wade au regard des défis passés et contemporains ». Intellectuels, politologues et anciens ministres venus de toute l’Afrique décortiqueront le panafricanisme wadien, ses thèses économiques et sa fameuse vision. On parierait que l’intéressé, s’il tend l’oreille depuis sa tribune, se surprendra à acquiescer – lui qui n’a jamais douté de son propre génie, cette petite musique satirique qu’on entend à peine, juste pour rappeler que le « Pape du Sopi » a toujours eu deux fidèles : lui-même et l’Histoire.

En deux jours, Dakar rend hommage à un homme dont l’héritage tient autant du béton que des symboles. Un centenaire qui, sous les ors de la République et les basses de Wally, finira sans doute par se demander pourquoi on n’a pas célébré tout cela… vingt ans plus tôt. Mais après tout, pour un Bâtisseur, l’essentiel est que le monument tienne debout. Même si on lui colle parfois un sourire en coin.

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